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V. Herpe, intervenant cinéaste
L. Le Bail, étudiante vidéaste
E. Roudmanovitch, enseignante
H. Le Bail, cinéphage
D. Déjardin, enseignant

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Dimanche 18 mai 2008
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film français de Yann Le Gal, Isild le Besco, Joana Hadjithomas, Khalil Joreige, Ismaël Ferroukhi, Corinne Garfin, Safy Nebbou.

Cahiers et cinéma

Six sketches sur l'enfance d'un réalisateur de cinéma (Tati, Bergman, Lang, Renoir, Hitchcock, Welles).

Voici une heureuse surprise que ce film à sketches dont tous les scénarios ont été écrits par Yann Le Gal, ce qui confère une véritable unité à l'ensemble. On commence avec deux très courts métrages sur l'enfance de Fritz Lang (qui découvre que sa mère est juive) et d'Orson Welles. Puis on s'amuse de l'inadaptation du jeune Tati à l'univers scolaire et ses cadres enfermants (la photo de classe au format trop étroit).
Les trois derniers films prennent plus d'ampleur. Celui sur Renoir permet de se souvenir que le cinéma a souvent été un art fait par des bourgeois qui avaient envie de donner des coups de canif. Le court métrage sur Hitchcock est sans doute le plus réjouissant, avec le personnage de la mère castratrice que le fils rêve une nuit de cauchemar de voir égorgée (clin d'oeil appuyé à Psychose). Le dernier film, sur Bergman, est le plus abouti, qui montre que cinéma et névrose familiale ont toujours fait bon ménage. Ici, il s'agit moins de tuer le père que la petite soeur...

Une belle réussite collective et un hommage sensible au cinéma d'ici et d'ailleurs. Notre favori du mois.
par le cinephage publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Jeudi 15 mai 2008

Les films en compétition :

  • ADORATION réalisé par Atom EGOYAN
  • BLINDNESS réalisé par Fernando MEIRELLES
  • CHE réalisé par Steven SODERBERGH
  • DELTA réalisé par Kornel MUNDRUCZO
  • ENTRE LES MURS réalisé par Laurent CANTET
  • ER SHI SI CHENG JI (24 CITY) réalisé par Zhangke JIA
  • GOMORRA réalisé par Matteo GARRONE
  • IL DIVO réalisé par Paolo SORRENTINO
  • L'ÉCHANGE réalisé par Clint EASTWOOD
  • LA FRONTIÈRE DE L'AUBE réalisé par Philippe GARREL
  • LA MUJER SIN CABEZA réalisé par Lucrecia MARTEL
  • LE SILENCE DE LORNA réalisé par Jean-Pierre et Luc DARDENNE
  • LEONERA réalisé par Pablo TRAPERO
  • LINHA DE PASSE réalisé par Walter SALLES, Daniela THOMAS
  • MY MAGIC réalisé par Eric KHOO
  • PALERMO SHOOTING (RENDEZ-VOUS A PALERME) réalisé par Wim WENDERS
  • SERBIS réalisé par Brillante MENDOZA
  • SYNECDOCHE, NEW YORK réalisé par Charlie KAUFMAN
  • TWO LOVERS réalisé par James GRAY
  • ÜÇ MAYMUN (LES TROIS SINGES) réalisé par Nuri Bilge CEYLAN
  • UN CONTE DE NOËL réalisé par Arnaud DESPLECHIN
  • WALTZ WITH BASHIR (VALSE AVEC BASHIR) réalisé par Ari FOLMAN
par le cinephage publié dans : cinéma communauté : Ciné DVD
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Lundi 12 mai 2008

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film thaïlandais de Aditya Assarat

Impossible reconstruction

Un architecte est chargé de suivre un chantier de reconstruction sur une des plages frappées par le tsunami. Il loge dans l'arrière-pays dans un petit hôtel et s'éprend peu à peu de la tenancière.

Etonnant petit film qui navigue entre différents niveaux de lecture : quête d'un amour difficile à assumer, reconstruction d'un environnement saccagé par les éléments, conquête d'une autonomie sociale, solidarité fraternelle, perte des repères, tout s'imbrique ici pour former un puzzle complexe et envoûtant. La bluette prévisible ne tarde pas à déraper vers le drame social alors même que chacun des personnages recherche la vérité des sentiments. L'aspect pessimiste ne verse pas pour autant dans la misanthropie car chaque personnage joue sa partition avec les forces dont il dispose, constructives pour les uns, destructives pour les autres. Certaines semblent apparemment l'emporter mais aucune ne pèse réellement face à celles, autrement puissantes, des éléments.

Le détail cinecritic / Grand prix du festival de Rotterdam 2008 et magnifique affiche, peut-être plus belle que le film lui-même.
par le cinephage publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Vendredi 25 avril 2008
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film américain de Mark Palansky avec Christina Ricci et Reese Witherspoon

Tru(i)e love

Née avec un groin de cochon, la pauvre Pénélope vit dans son château car seul l'amour d'un noble prince pourra la délivrer de cette malédiction familiale. Lassée de cet enfermement, elle décide de s'émanciper et de découvrir le monde.

Le film nous propose avec humour mais sans grande originalité une version "girly" de Riquet à la houppe ou autres Shrek avec en prime une série de moralités qui plairont (peut-être) aux jeunes pré-ados. Les riches, c'est moche, soit toi-même, laisse ta mère à sa névrose et qui vivra "verrat". (On ne résiste pas aux jeux de mots à CINECRITIC).
par E. Roudmanovitch publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Vendredi 25 avril 2008

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film espagnol de Paco Plazia et Jaume Balaguero avec Manuela Velasco

Le mort qui mord

Une équipe de télévision décide de suivre le quotidien d'une caserne. Les pompiers sont soudain appelés pour secourir une vielle femme dans un immeuble. Elle s'avère plus coriace que prévu.

Nos amis espagnols ont un goût prononcé pour le cinéma fantastique ces derniers temps, avec des réussites diverses. [REC] se situe juste dans la moyenne car il a la fâcheuse tendance de reprendre les idées des autres. Plus gravement, le cinéaste semble avoir fait une fixette sur "Blair Witch project", avec une propension à la citation récurrente (caméra floue, bougé, rembobinage) et une reprise presque à l'identique du personnage de la méchante sorcière. Du coup, on n'adhère pas et on attend avec une certaine lassitude l'arrivée prévisible des morts vivants et la disparition progressive des protagonistes. On auriat pu s'attendre à une réflexion sur la surenchère télévisuelle, mais on doit se contenter de quelques saillies sur le racisme ambiant ou le manque de solidarité des habitants de l'immeuble contaminé. Au fait, c'est contagieux ?
par Le cinéphage publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Dimanche 13 avril 2008
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film israélien d' Amos Gitaï avec Juliette Binoche

La dérive des continents 

A la mort de son père une jeune femme (Ana) retrouve son frère, devenu soldat en Israël. A la lecture du testament, elle apprend que son père a légué une partie de sa fortune à sa fille qu'elle a abandonné bébé dans un kibboutz. Elle décide alors de rejoindre celle-ci à Gaza, où le jeune fille habite désormais.

Amos Gitaï a construit son film en deux parties. Après un court prologue en forme d'appel à la tolérance entre les deux communautés (le frère d'Ana rencontre une belle palestinienne dans le train), la première partie se passe à Avignon et voit les deux protagonistes Ana et son frère adoptif se retrouver pour la mort de leur père. Ana présente des signes de fragilité et joue un jeu trouble avec son "faux" frère. On finit par en comprendre la raison. Bien que mariée depuis, elle a abandonné sa fille à la naissance en Israël. Le cinéaste file la métaphore de l'abandon d'Israël par la vieille Europe, qui regarde à distance l'état hébreu se débattre dans les méandres de son histoire. L'atmosphère est pesante (le chant de Barbara hendricks y contribue largement) et l'on commence à s'ennuyer.
Puis le film démarre véritablement avec le départ d'Ana et son frère pour Israël. Celui-ci l'abandonne rapidement pour s'occuper du désengagement de la bande de Gaza. Elle part à la recherche de sa fille, devenue institutrice dans une colonie. Elle la rencontre au moment même où les soldats arrivent pour évacuer les colons. Si les retrouvailles sont touchantes (très belle scène où les deux femmes ne peuvent s'étreindre à cause de la peinture bleue (couleurs d'Israël) qui macule les mains de la jeune fille), la scène d'évacuation vire assez rapidement dans un pathos sans doute réel mais qui vient se superposer à la détresse d'Ana qui va perdre sa fille dans la cohue à peine après l'avoir retrouvée.

Il est dommage que Gitaï joue un peu trop avec les symboles (la voiture du père, l'écharpe) et en oublie son film en route. Tout le monde n'est pas Kieslowski.
Si la prestation de Juliette Binoche est parfois inégale , l'ensemble constitue néanmoins une approche intéressante de la situation israélo-palestinienne qui a le mérite de nous donner à voir l'Histoire.

Le détail cinecritic / Une exposition dans la continuité du film au Musée d'histoire et d'art juif à Paris : les photos de Barry Frydlander dont certaines sont consacrées à la bande de Gaza.
par Le cinéphage publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Dimanche 30 mars 2008
C'est maintenant quasi certain, Mulder et Scully reprendront du service sous les caméras pour un nouveau volet cinématographique de la saga parano-fantastique du milieu des années 90. Espérons que l'opus 2 sera plus convaincant que Combattre le futur qui s'était révélé largement inférieur à n'importe quel épisode un peu réussi (et il y en a) de la série.
Le film s'appellera probablement "I want to believe" (qui n'est rien de moins que le texte apparaissant sur le poster ufologique de Mulder) et sortirait le 30 juillet 2008. Par ailleurs certaines infos laissent à penser que la série elle-même pourrait reprendre du service.
Il faudra tout de même nous expliquer comment Fox a été relâché par les mêmes extra-terrestres qui avaient déjà abducté sa petite soeur.
En attendant, on pourra se consoler en revisionnant les épisodes de la saison 1 qui ressortent chez votre marchand de journaux aux éditions ...  (Non, CINECRITIC ne fait jamais de publicité).

http://www.epidermiq.com/lvei/X-Files2/
par JM Le Bail publié dans : cinéma communauté : Ciné DVD
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Dimanche 30 mars 2008
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film français d'Olivier Marchal avec Daniel Auteuil, Olivia Bonamy, Catherine Marchal

 Polar crépusculaire 

 
Troisième film d'Olivier Marchal (après Gangsters et 36, quai des Orfèvres), MR 73 serait-il la fin d'une trilogie consacrée à la lutte contre la criminalité, mais surtout aux conflits, violents, entre policiers? Chez le réalisateur et ancien flic par ailleurs, les ripoux sont tout sauf sympathiques. On sent bien qu'il sait de quoi il parle.
Cadres très serrés sur les visages des protagonistes, où l'on lit, comme sur des cartes de géographie, les méandres et les dérives. Extérieurs au téléobjectif, on ne s'évade pas une seconde sur les paysages marseillais, on reste concentré sur les personnages, toujours très tendus, sur les âmes, que la pluie ne parvient pas à laver de leur douleurs.
 
Daniel Auteuil, décidément excellent, incarne un policier torturé par sa vie,son passé, son métier, menant une quête désespérée.
Je ne livrerai rien d'autre sur ce crépuscule, qui n'est pas celui des dieux, mais celui des gens ordinaires confronté à des drames qui les dépassent.
A noter, la musique de Bruno Coulais (un peu forte, parfois) qui sert des images très travaillées.

Le détail cinecritic /  MR 73 était un revolver fabriqué par Manurhin (le Colt à la française), d'où le "MR".
par Dominik Déjardin publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Dimanche 23 mars 2008
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film américain de Wes Anderson avec Owen Wilson, Adrien Brody, Nathalie Portman, Angelica Huston

"Déraillage" contrôlé 

Trois frères se retrouvent en Inde à la demande de l'aîné pour entamer une quête initiatique. Ils embarquent à bord du Darjeeling limited.

Embarquement immédiat pour le nouvel opus toujours aussi décalé, mais cette fois non aquatique, de Wes Anderson, . Cette fois il s'agit d'amitié entre frères qui ont en commun une névrose familiale bien tassée et qui tendent de se soigner avec différents remèdes, surdoses médicamenteuses, histoires d'amour foireuses ou paternités non assumées. Chaque personnage joue sa partition avec bonheur sans étouffer l'autre et certaines scènes sont  assez jubilatoires.
Comme la quête spirituelle tourne rapidement en aude de boudin, nos trois "beatles" (dont un pieds-nus)s'égarent dans les méandres d'un scénario à rebondissement submergé par la beauté des paysages. Le Darjeeling file la métaphore de vies compartimentées où des humains en quête de sens se croisent, se possèdent et se dépossèdent dans l'espoir d'un bonheur illusoire. La recherche du parent absent (qu'il soit mort ou en pleine reconversion humanitaire) semble tenir lieu pour nos héros anti-adultes de problème existentiel insurpassable. C'est poétique et sans prétention. Des qualités qui se font rares dans le cinéma contemporain, américain de surcroît. Bien joué Wes. Après le bateau, le train, après le train, l'avion ?

Le détail Cinécritic / Le film est précédé d'un prologue "à la française"
.
par JM Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Lundi 17 mars 2008
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film américain des frères Coen avec Javier Bardem et Tommy Lee Jones

Le mal pour le mal

Un soudeur tombe sans le vouloir sur une scène de crime, un "deal" qui a mal tourné. Il trouve l'argent de la drogue et décide de le garder pour lui. Sa vie va vite devenir très compliquée.

Autant le dire tout de suite, le dernier film des frères Coen, plus ou moins bien inspirés ces derniers temps, est palpitant de bout en bout. On a rarement atteint une telle maîtrise au niveau de la de la mise en scène et du jeu des acteurs (Javier Bardem et Tommy Lee Jones, impressionnants de présence). L'adaption du roman de Cormack Mac Carthy donne l'occasion aux réalisateurs de Fargo et de Miller's crossing de se défaire de leurs tics scénaristiques. En restant concentrés sur l'essentiel, ils atteignent au sublime.
Ici la figure du mal est au-delà du réel, elle nous entraîne dans une dimension parallèle qui n'a pour logique que la vengeance absolue. La digression finale permet de donner toute sa dimension au personnage du flic, témoin impuissant de la violence du monde.
Une réussite magistrale. A voir et à revoir d'urgence.

par JM Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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