A la suite de l'ouverture d'une capsule temporelle scellée cinquante ans plus tôt par son école, le
fils d'un astrophysicien reçoit en guise de vision du futur une obscure suite de chiffres tracée à l'époque par une enfant perturbée. Etrangement, ces chiffres semblent correspondre aux
catastrophes des cinquante dernières années.
Il faut vraiment voir ce fim pour le croire ou alors l'ignorer complètement, c'est selon.
Passe encore le fait que le scénario soit directement inspiré d'un film fantastique déjà moyennement réussi (La prophétie des ombres). Ce dont il est question en réalité ici, c'est bel et
bien d'une vision crypto-biblique des temps à venir.
Notre sympathique héros (magistralement non interprété par Nicholas Cage), qui bien qu'astrophysicien se soucie comme d'une guigne de l'avenir de la planète - il roule dans un énorme 4x4 du genre
"Monster Truck" - trompe son ennui de veuf éploré dans le déchiffrage de séquences cryptées somme toute bien moins compliquées que le Da Vinci Code. Bien lui en prend car il rencontre au
passage une assez charmante mère d'élève pour laquelle il n'a malheureusement que peu d'élan, trop occupé à sauver le monde. Et c'est là que les choses se gâtent car après une surenchère d'effets
tous plus catastrophistes (un 747 lui tombe sur le pied, un métro en folie lui taille un short), on finit par comprendre que le réchauffement climatique n'est pas dû aux pires émissions
de CO2 depuis que l'humanité est sur cette terre mais à une éruption solaire totalement imprévisible. C'est trop bête, même si Claude Allègre jubile...
Mais histoire d'aller encore plus loin dans la crétinisme-créationnisme, voilà-t-y pas que de gentils extraterrestres (quatre pour être précis, comme les cavaliers de l'apocalypse) entendent
abducter les charmants bambins affublés d'un improbable couple de lapins (blancs, évidemment) pour les préserver du cataclysme final et les transporter gentiment sur une autre planète (à
l'aide d'un improbable vaisseau spatial spielbergien). Ca ne vous rappelle pas le début de la genèse par hasard (plan insistant sur le blé en herbe, l'arbre de la connaissance, il ne manque
plus que le serpent).
Mais ce n'est pas encore fini, il faut encore que notre héros se réconcilie avec son père pasteur qui a mal vécu son engouemet pour les sciences exactes. Le summum de la drôlerie - ou du ridicule,
comme on voudra - est atteint au moment où le père en question, juste avant de se transformer en barbecue, rassure sa contrite progéniture d'un édifiant "ce n'est pas la fin, mon fils". Mais
si, justement, c'est presque la fin, un dernier effet spécial numérique et la terre - c'est-à-dire l'Amérique - disparaît dans un embrasement final.
On aurait tellement aimé que le film en fasse autant.