Le mariage de Tuya

Publié le par Vincent Herpe

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de Wang Quanan
 
Famille recomposée
 
le-mariage-de-tuya-257096.jpgDépaysement garanti avec ce très beau film qui se déroule principalement dans les steppes de Mongolie.
Dés les premiers plans on plonge littéralement dans un monde où la nature est un des personnages de cette histoire et quelle nature, c’est réellement beau à couper le souffle et filmé à « un rythme de dromadaire », je veux dire que cela en rappelle la nonchalance, la grâce et presque la sérénité (une sorte de force tranquille !).
 
Cette nature qui en impose, qui est même souvent hostile mais qui peut finalement récompenser l’homme lorsque celui-ci la sollicite avec obstination pour se procurer de l’eau, du bois, de l’herbe, de la terre voir du pétrole…Les autres personnages, humains cette fois, sont eux aussi peu bavards mais ont un potentiel d’adaptation hors du commun, en particulier l’héroïne autour de laquelle gravite un certain nombre d’hommes dont son mari actuel et tous ceux qui prétendent à le remplacer.
 
Tuya donc est à la recherche d’un nouveau mari pour pallier au handicap du père (blessé et en partie paralysé lors du creusement d’un puits) de ses deux jeunes enfants (scène mémorable entre le fils et la mère où il est question de traitrise...). Ce couple très ancré dans le réel (mais comment faire autrement ?) exige du prochain mari qu’il cohabite avec le précédent au sein de cette nouvelle famille élargie. Paradoxalement les prétendants se bousculent et le mot est faible. Pour autant on est à cent mille lieux du théâtre de boulevard.
Quelle subtilité, quelle finesse et quelle force de caractère caractérisent tous ces personnages.
 
Certes comme souvent les hommes ont leurs moments de faiblesse (ça picole sec dans les steppes du nord et après il arrive que l’on fasse des bêtises…mais on le regrette bien vite et c’est finalement le plus important, on peut passer à autre chose et continuer dignement le combat) mais il n’est pas question de laisser qui que se soit sur le bord de la route.
 
Dignité, solidarité dans l’adversité, générosité, tolérance sont ici présents en permanence et on est très heureux d’avoir été, ne serait-ce que le temps d’un film magnifique, le témoin de mariage(s) de la belle Tuya.
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Publié dans cinecritic

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