Still life

Publié le par Jean-Michel Le Bail

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film chinois de Jia Zhang Ke avec Zhao Tao, Huang Yong

Les mondes engloutis

 

 

 

 Lion d'Or  au festival du film de Venise

 A Fiengzhe, un mineur revient dans le Seishuan pour retrouver sa femme et sa fille qu'il n'a plus vues depuis seize ans. Une femme cherche à rencontrer son mari qui l'a quittée pour lui annoncer qu'elle veut divorcer...

Jia Zhang Ke est sans doute un des cinéastes les plus brillants de sa génération, une sorte d'Aki Kaurismaki chinois, qui s'intéresse plus particulièrement aux opprimés, aux déclassés de la modernité. Déjà, dans The world, il mettait en scène les aberrations sociales et culturelles d'un parc à thème. Ici, c'est le barrage des Trois gorges qui sert de decorum à l'engloutissement programmé d'une ville et de ses habitants. Projet titanesque décidé par le grand timonier Mao, le barrage conduit à exproprier un à un les habitants, à précariser l'ensemble de la population pour l'enrichissement de quelques-uns.

Les trouvailles visuelle foisonnent dans ce film tourné en DV: un monument décolle, une tour s'effondre au lointain, le monde est en train de changer. Les protagonistes essaient maladroitement de rattraper leur vie comme ils le peuvent. En filigrane, on peut lire la condition de la femme, hier vendue, aujourd'hui exploitée. Les sentiments ne sont pas tendres et chacun essaie de survivre dans ce chaos en marche. Ce chef-d'oeuvre de retenue et de pudeur s'achève par une image sublimissime.

A ne rater sous aucun prétexte.

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Publié dans cinecritic

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