Flandres

Publié le par Jean-Michel Le Bail

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de Bruno Dumont

Tous les malheurs du monde

Cela fait un certain temps qu'un film français n'avait pas obtenu de prix à Cannes. C'est donc chose faite avec ce nouvel opus de Bruno Dumont, cinéaste radical qui s'est fait connaître dès son premier film, la Vie de Jésus par une certaine façon de filmer les êtres en détresse, à la fois violente et touchante.

Malheureusement, ici, tout n'est que stéréotype. A commencer par les paysans, filmés comme des brutes. On a d'ailleurs du mal à ouir les rares borborygmes prononcés par le héros. Quant aux filles, ce n'est guère mieux, l'héroïne est une sorte de "Marie couche toi là", prête à s'allonger dès qu'un mâle croise son chemin ou qu'un homme la quitte.

Mais surtout, il y a la guerre, forcément vilaine, et là, Dumont ne fait pas dans le détail. Tous des lâches, des violeurs, des sadiques, bref, pas grand chose à sauver dans cette "humanité", si ce n'est le "je t'aime" final. Il n'y a même pas de processus de déshumanisation (cf. Full metal jacket) puisque les personnages n'ont que l'instinct primaire de survie et de sexualité.

On ressort de tout cela avec un violent mal de tête et l'envie d'oublier au plus vite ce monde sans une bribe d'espoir, sans une once d'humour. 

 

 

 

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Publié dans cinecritic

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