Volver @
de Pedro Almodovar avec Pénélope Cruz, Carmen Maura
Nouvel opus de Pedro Almodovar qui reprend largement les thématiques de ces films récents (Parle avec elle, Tout sur ma mère). Est-ce à dire que le cinéaste de la Movida commencerait à tourner en rond - comme le suggère d'ailleurs l'étymologie du titre. Volver, c'est "revenir" et nous voici à nouveau confronté à la fascination du cinéaste pour la mort, sauf que cette fois, la morte (formidable Carmen Maura) semble plutôt bien vivante. Elle se cache dans les maisons, sous les lits, certes, mais elle pète la forme (dans tous les sens du terme) et semble bien vouloir reprendre sa place dans le gynécée familial.
Et c'est peut-être là que le bât blesse, car à force d'effacer compulsivement toutes les figures masculines de son film, d'accumuler les révélations invraisemblables, il finit par enfermer ses personnages sur eux-mêmes, sur leur souffrance, sans leur laisser la possibilité de sortir du giron.
Alors évidemment, tout se tient, car le film évoque tout autant le retour à la mère que la récurrence des traumatismes originels. Ainsi, la fille de Raimunda tue celui qu'elle croit encore être son père, comme la mère de Raimunda a tué son mari infidèle, qui lui-même a engrossé sa fille...Mais à trop en faire dans le scenario "novela", l'intrigue confine parfois le ridicule et l'interprétation tonique des actrices ne sauve pas tout.
Dans une interview diffusée sur Arte, le cinéaste de "Talons aiguilles" avouait être gagné de plus en plus par la tristesse et la mélancolie. C'est visible dans le film.