2008, on rembobine
L'année 2008 a été marquée par le doute, la crise et le questionnement des modèles économiques et sociétaux. Au cinéma, on s'est interrogé sur le mal et l'origine du capitalisme (There will be blood, No country for old men) , avec en corrolaire la difficile intégration des minorités (le silence de Lorna, Aide-toi le ciel t'aidera), mais aussi la famille au bord de la crise et en pleine remise en question des valeurs (A bord du Darjeeling Limited, Un conte de Noël, Nos plus belles années). Doutes également sur l'efficacité du système scolaire et l'égalité des chances (Entre les murs, Stella). Réflexions enfin sur la mémoire et le sens de la guerre (Valse avec Bachir, Redacted, Nos plus belles années).
Mais 2008 a surtout confirmé l'avancée toujours plus importante de la technologie numérique, que ce soit dans le film d'épouvante (Cloverfield, REC) ou dans les images de synthèse (Wall-E). Au point que certains en viennent à regretter le cinéma comme artisanat, quitte à refaire ses toiles préférées avec son camescope comme dans le film au titre prophétique Soyez sympas, rembobinez. Le cinéma, art du XXème siècle, est effectivement en train de rembobiner et de contempler son histoire, l'histoire des images et du monde qui va avec. Industrie-spectacle, pourvoyeur de soirées télé, le cinéma, miné par les exigences commerciales, la vidéo à la demande et internet a-t-il toujours le pouvoir de nous faire réfléchir ? A l'heure de la crise économique généralisée, quelles fictions souhaitons-nous pour émanciper le monde de demain ?
En attendant les futurs films cultes de 2009, bonne année aux cinéphages...