Romanzo criminale @@

Publié le par Jean-Michel Le Bail

de Michele Placido avec Anna Mouglalis, Kim Rossi Stuart, 2005

Rome, ville offerte

 

Dans les années 70, une bande de voyous décide de partir à la conquête de Rome en massacrant les parrains locaux afin de mettre la main sur le trafic d'héroïne.

Conçu comme une saga - on pense parfois aux "Affranchis" de Scorcese ou à "Il était une fois en Amérique", le polar chez Michele Placido cherche à dépasser le cadre strict du film de genre pour nous emmener sur le terrain du film de société. Le résultat est assez réussi dans la mesure où les protagonistes sont dès le début ancrés dans une réalité sociale poisseuse, qui les poursuivra jusqu'à la fin du film. Le Libanais semble marqué à jamais par son infirmité, le dandy est constamment renvoyé à sa lâcheté et le Froid ne parvient pas à se libérer de son passé pour s'inventer une vie autre.

Si les caractères sont quelque peu stéréotypés, notamment chez les femmes pour lesquelles le curseur semble devoir osciller entre les extrêmes, la madonne ou la putain, les rapports entre pouvoir, mafia et crime crapuleux sont rendus de façon crédibles, même si les liens avec l'actualité brûlante de l'époque ne sont qu'esquissés (l'attentat de la gare de Bologne ou l'assassinat d'Aldo Moro).

Au final, un film qui renoue avec la verve du cinéma italien des années 70 (genre "Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon") et nous donne à voir, à une époque où les démocraties s'interrogent sur leur poids face à la mondialisation, les effets de la collusion entre pouvoirs politiques et pouvoirs mafieux. Edifiant

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Publié dans cinecritic

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