C I N E C R I T I C
Le blog critique des cinéphages
David Cronenberg est né le
15 mars 1943 à Toronto au Canada. Réalisateur à ses débuts de films à petits budgets, il transcende les genres de science-fiction et d'horreur en introduisant une
réflexion philosophique sur la place du corps dans les sociétés technologiques. En cela il s'inscrit dans le cadre plus large des films utilisant ou interrogeant l'exploitation du corps au cinéma
et la limite entre fiction et réalité.
Dans Videodrome, un de ces films les plus aboutis du début de sa carrière, le personnage joué par
Roy Sheider est fasciné par des images de tortures diffusées par une télévision pirate. L'obsession qui l'anime désormais ne peut être réglée que par le passage de l'autre côté du
miroir, dans l'objet télévisuel que le héros s'incorpore sous la forme d'une cassette vidéo "vivante".
Le thème de l'interface biologique est repris dans un autre de ces meileurs films, Existenz, ou les addicts de jeux vidéos connectent leur pod directement à leur moelle épinière,
pour en ressentir l'intensité et s'immerger dans une réalité/virtualité d'autant plus ambivalente qu'ils interagissent avec elle.
Dans Crash, inspiré du livre de James Ballard, l'atteinte du corps par un accident de voitures est associé à un fétichisme de la plaie, érotisme morbide que l'on
retrouve d'ailleurs dans Faux-Semblants.
Il y a également chez Cronenberg une fascination pour les
mutations (La Mouche) liés à la génétique, à des infections virales (Frissons) ou à la bisexualité (M Butterfly). L'évolution psychologique
despersonnages est liée d'abord aux transformations physiologiques qui les animent (Chromosome 3, La Mouche et Videodrome) en cela qu'elles les rendent plus beaux, plus
forts ou plus attirants.
Si l'homme cherche par l'objet le moyen d'améliorer sa condition, il est très possible qu'il s'aliène par le recours à ces nouvelles technologies. Mais Cronenberg n'est jamais
moraliste. Il ne cherche pas à savoir si l'homme, phylogénétiquement limité, à raison ou tort dans sa quête de l'amélioration de soi. La société, par les projection idéales qu'elle
suscite fait que deux mondes se côtoient; le monde du réel, imparfait, dans lequel le corps souffre et s'altère d'une part, le monde virtuel des machines d'autre part, idéalisé,
fantasmé et inaccessible par lequel le corps peut parvenir à jouir en se libérant de ses propres entraves biologiques. Mais jusqu'où peut aller cette décorporéisation sans virer à la
schizophrénie ou l'abandon de soi-même (Le festin nu) ?
@ @ @ @ : divin
@ @ @ : succulent
@ @ : délicieux
@ : on peut goûter
# : sans façon