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Film documentaire d'animation israélien d' Ari Folman
La guerre ranimée
Un soldat
israélien se rend compte qu'il a totalement occulté son expérience de la guerre du Liban en écoutant le rêve d'un ami qui y a participé. Il décide de reconstituer le puzzle de ses souvenirs
en partant à la recherche de ses anciens camarades de guerre.
Idée brillantissime que de traiter le sujet des souvenirs occultés par le truchement de l'animation. Le dessin animé serait il au cinéma ce que le rêve est à la réalité. Toujours est-il que l'on
est complètement emporté dans cette recherche du temps perdu et de l'identité. Comment a-t-on décidé de reconstituer certains souvenirs pour les rendre plus présentables. Quel est le mécanisme de
la culpabilité et comment se met-il en veille? Au delà de la question des massacres de Sabra et Chatila, de ceux qui les ont perpétué (les phalangistes chrétiens de Bachir Gemayel) et de ceux qui
les ont laissé faire (les israéliens) se pose le dilemne de la victime devenue bourreau. Comment ceux qui avaient vécu l'enfer des camps pouvaient-ils laisser assassiner sans broncher les
palestiniens ? Le film ne cherche pas à répondre mais à mettre les questions en débat.
Un concentré d'intelligence et une animation hors pair.
Attention : Les images (réelles) de la fin sont difficilement soutenables.
Un extrait du film sur Curiosphère (France 5)
http://www.curiosphere.tv:80/video-documentaire/25-4-1-1-histoire-geo-et-civilisations/106363-valse-avec-bachir--permission-vost
par le cinephage
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Pascal Bonitzer avec Christophe Lambert, Valerai Bruni-Tedeschi, Pierre Arditi, Miou-Miou
Cluedodo
Henri et sa femme invitent famille et amis à se retrouver le temps d'un week-end. Pierre, psychiatre en vue (et coureur notoire de jupons),
Claire, son épouse effacée, Philippe écrivain alcoolique en manque d'inspiration...Mais Pierre est retrouvé assassiné.
Le roman d'Agatha Christie dont s'inspire le film (Le vallon) n'est pas un de ses meilleurs. Du coup, l'intrigue manque rapidement de souffle et contrairement à d'autres adaptations plus ou
moins réussies, le coup de théâtre manque à l'appel. Résultat, le spectateur s'ennuie vite...
par Héloïse Le Bail
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film français d' Arnaud Desplechin avec Anne Consigny, Chiara Mastroïanni, Catherine Deneuve, Matthieu Amalric, Hyppolite Girardot, Emmanuelle
Devos
Chimère indigne
Chez les Vuillard, bonne famille de Roubaix,
les rapports se sont dégradés depuis que la soeur a voulu bannir l'un des frères, Henri, après s'être engagée à rembourser l'ensemble de ses dettes. Mais Junon, la mère, apprend
qu'elle est atteinte d'un cancer et cherche un donneur de moelle compatible. Seuls Paul, son petit-fils atteint de schizophrénie, et Henri sont compatibles. Ce dernier est
alors enfin autorisé à faire son retour dans la maison familiale à l'occasion de noël.
Chroniqueur invétéré depuis plus de dix ans de la socionévrose familiale, Arnaud Desplechin se plaît, tel un Chabrol postmoderne ou un Vinterberg néoclassique, à disséquer les méandres sans
fond de l'âme humaine. Ici aussi nous sommes en province, dans une famille qui s'est enrichie grâce à la teinturerie familiale, mais n'a pas su se défaire de certaines taches (tares), de son
théâtre d'ombres - comme nous l'indique un peu lourdement le prologue du film.
Un enfant est mort et n'a pu être sauvé par le sang d'un autre. Il faut donc que quelqu'un paye pour ce deuil. Comme dans les mythes antique, Henri est le bouc émissaire idéal,
électron libre sans morale et sans situation. Le "petit juif", comme l'appelle sa mère, a été déporté hors du territoire familial. Mais c'est pour mieux y revenir, puisque donneur compatible il
peut de fait sauver la mère qui le rejette depuis toujours - elle ne l'a jamais aimé. Allusion à Festen, c'est par un toast haineux qu'il dira ses quatre vérités à une famille tétanisée
par les jeux de pouvoir de la mère et de la fille. On verra plus tard que les hommes de la famille eux-mêmes n'en sont pas totalement absents.
Le réalisateur de Rois et reines a le mérite de donner à chaque personnage une épaisseur suffisante pour nourrir la trame suffocante d'une tragicomédie en boucle, en éternel
recommencement. Anne Consigny et Chiara Mastroïanni trouvent des rôles à la mesure de leur talent mais les autres acteurs ne sont pas moins remarquables.
Pourtant, on regrette parfois la grâce imprévisible des personnages de Comment je me suis diputé ma vie sexuelle dont le film constitue une sorte de prequel, reprenant
d'ailleurs l'un des personnages centraux, celui de Paul Dédalus, ici représenté comme égaré dans le labyrinthe de sa schizophrénie. On sait Desplechin fasciné par les mythes, l'irruption de
l'imaginaire dans le réel (La sentinelle), la maladie, le stigmate et par tout ce qui touche à la paranoïa et à la folie. De fait, on a constamment l'impression qu'un autre monde se
cache derrière le réel et c'est sans doute là son plus grand talent de conteur et de cinéaste. Il suffirait juste que le film s'épure davantage, ne s'encombre pas trop de références
socio-psycho-anthropologisantes (Emmanuel Bourdieu est co-auteur du scénario) pour que les personnages puissent se battre et se débattre avec leur propre histoire et leur propre liberté.
C'est cela et uniquement cela qui nous intéresse au cinéma. Les ailes chimériques de Desplechin sont ici un peu trop lourdes pour lui permettre de toucher les cieux. Mais peut-être avait-il peur
de les brûler ?
par le cinephage
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film thaïlandais de Aditya Assarat
Impossible reconstruction
Un architecte est chargé de suivre un chantier de reconstruction sur une des plages frappées par le tsunami. Il loge dans l'arrière-pays dans un petit hôtel et s'éprend peu à peu de la
tenancière.
Etonnant petit film qui navigue entre différents niveaux de lecture : quête d'un amour difficile à assumer, reconstruction d'un environnement saccagé par les éléments, conquête d'une autonomie
sociale, solidarité fraternelle, perte des repères, tout s'imbrique ici pour former un puzzle complexe et envoûtant. La bluette prévisible ne tarde pas à déraper vers le drame social alors
même que chacun des personnages recherche la vérité des sentiments. L'aspect pessimiste ne verse pas pour autant dans la misanthropie car chaque personnage joue sa partition avec les
forces dont il dispose, constructives pour les uns, destructives pour les autres. Certaines semblent apparemment l'emporter mais aucune ne pèse réellement face à celles, autrement
puissantes, des éléments.
Le détail cinecritic / Grand prix du festival de Rotterdam 2008 et magnifique affiche, peut-être plus belle que le film lui-même.
par le cinephage
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film espagnol de Paco Plazia et Jaume Balaguero avec Manuela Velasco
Le mort qui mord
Une équipe de télévision décide de suivre le quotidien d'une caserne. Les pompiers sont soudain appelés pour secourir une
vielle femme dans un immeuble. Elle s'avère plus coriace que prévu.
Nos amis espagnols ont un goût prononcé pour le cinéma fantastique ces derniers temps, avec des réussites diverses. [REC] se situe juste dans la moyenne car il a la fâcheuse tendance de reprendre
les idées des autres. Plus gravement, le cinéaste semble avoir fait une fixette sur "Blair Witch project", avec une propension à la citation récurrente (caméra floue, bougé,
rembobinage) et une reprise presque à l'identique du personnage de la méchante sorcière. Du coup, on n'adhère pas et on attend avec une certaine lassitude l'arrivée prévisible des morts vivants et
la disparition progressive des protagonistes. On auriat pu s'attendre à une réflexion sur la surenchère télévisuelle, mais on doit se contenter de quelques saillies sur le racisme ambiant ou le
manque de solidarité des habitants de l'immeuble contaminé. Au fait, c'est contagieux ?
par Le cinéphage
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