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V. Herpe, intervenant cinéaste
L. Le Bail, étudiante vidéaste
E. Roudmanovitch, enseignante
H. Le Bail, cinéphage
D. Déjardin, enseignant

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Jeudi 27 décembre 2007
Au moment de tirer le bilan ciné de 2007, il apparaît comme une évidence que le bon vieux polar constitue à nouveau une valeur sûre. En effet, cette année, pas de déferlante SF, une pâle tentative western (L'assassinat...), quelques comédies (romantiques ou pas), peu de films musicaux (Once), et des séquelles de films d'horreur pas convaincantes (Saw IV, Planète terreur).

La vie des autres
est sans doute l'événement marquant car totalement inattendu en terme de succès commercial, dans la lignée de son prédécesseur dans ce domaine Goodbye Lenin. La preuve que le cinéma peut aussi fournir l'occasion de se pencher sur le passé proche, mais sans doute également un exercice difficile car le recul historique et les témoignages manquent. Le film n'en a que plus de mérite. 
Belle réussite également dans un registre assez proche (même s'il s'agit d'animation) de Persépolis.
Deux confirmations ; d'une part la montée en puissance du cinéma d'auteur d'ici et d'ailleurs avec des films époustouflants venus d'Asie (Still Life, secret sunshine, La forêt de Mogari) ou du Moyen orient (De l'autre côté, Les climats, Les méduses).

Reste que l'année a été largement dominée par la sortie de thrillers tels que American gangster, La nuit nous appartient, Zodiac ou les promesses de l'ombre, qui montrent les reflets troubles et troublants d'une société gangrénée de l'intérieur et en recherche de valeurs, même si l'intrigue de la plupart se situe dans les années 70-80. 

Au niveau des actrices, quelques découvertes comme Emily Barclay (Le feu sous la peau) ou Jeon Do-Yeon (Secret sunshine). Pour le cinéma français, on retiendra les performances de Virginie Ledoyen (un baiser s'il vous plaît) et d' Adèle Haenel (Naissance des pieuvres). Chez les hommes, on se souviendra du jeu intense de Viggo Mortensen dans Les promesses de l'ombre et l'on notera la présence récurrente de Louis Garrel (Les chansons d'amour, Dans Paris, Actrices...). 

Allez bonne année 2008 à tous les cinéphages, n'oubliez pas de voter pour vos deux films préférés (voir article ci-dessus)  

Quant à nous, vous l'aurez deviné, notre chouchou de l'année reste Les climats, qui nous a presque donné l'impression de redécouvrir le cinéma...
par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinéma communauté : Accueil et présentation
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Jeudi 27 décembre 2007
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film français de Valeria Bruni Tedeschi avec Valeria Bruni Tedeschi, Noémie Lvovsky, Louis Garrel, Mathieu Amalric et Marie Rivière

Valeria et ses fantômes

Une actrice sur la quarantaine se pose des questions sur ses choix de vie et son désir d'être mère.

Malgré le propos "déjà vu" de la vie dans le théâtre (en l'occurence la mise en scène chaotique et drôlatique d'Un moins à la campagne de Tourguéniev) et vice versa, VBT parvient à nous toucher par des moments de fragilité et de fantaisie. Le film s'inscrit dans la veine autobiographique déjà utilisée dans Il est plus facile pour un chameau. Néanmoins, malgré certains moments oniriques (la présence fantômatique du père et du frère disparus), il n'en possède pas la grâce un peu autiste. 
Au final, la bande annonce s'avère plus réussie que le film lui-même.


Le détail cinéphage / Marie Rivière que l'on entr'aperçoit est l'héroïne rohmérienne du Rayon vert.
par Esther Roudmanovitch publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Lundi 24 décembre 2007
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film français d' Abdellatif Kechiche avec Habib Boufares, Hafsia Herzi, Faridah Benkhetache et Abdelhamid Aktouche

Le cinéma parlant

la-graine-et-le-mulet-0-copie-3.jpgUn homme récemment licencié décide d'investir ses indemnités dans la transformation d'une épave en bateau-restaurant. Il fait appel à son ex-femme et à ses enfants mais également à sa belle fille pour l'aider dans son projet.

En grande partie autobiographique, le nouveau film du réalisateur de L'Esquive aborde à nouveau le thème sensible de l'intégration. Cette fois, il ne s'agit plus d'évoquer les tourments de la jeunesse d'une cité sensible (quoique), mais de dépeindre les difficultés de la première génération à l'horizon de la retraite et de la vieillesse.
Caméra à l'épaule, le film nous embarque dans un tourbillon de paroles et de sentiments plus ou moins maîtrisés, une grande liberté étant laissée aux acteurs, tous remarquables. 
Le cinéma qui est revendiqué ici n'est pas loin de celui des frères Dardenne. Les situations sont souvent à l'extrême, comme dans les deux scènes remarquables de désespoir des belles-filles, comme en miroir. C'est à la lisière de la famille que la difficulté de vivre parvient à s'exprimer, car souffrance il y a visiblement derrière la chaleur et les marques d'affection, et pas seulement du fait de l'intolérance - palpable - de la société d'accueil voire intracommunautaire. 
Comme dans l'esquive, ce sont les personnages féminins qui semblent porter le film et le réalisateur gagnerait sans doute à creuser la psychologie masculine, afin d'équilibrer les caractères et de donner aux personnages toutes leurs chances, notamment celui du frère aîné volage.
Si la fin semble se clore sur une note presque folklorique - la danse du ventre - le contrepoint tragique laisse à penser que l'intégration n'est pas pour demain, le symbole du couscous au poisson (la graine et le mulet) fonctionnant comme parfaite métaphore d'une acculturation rendue impossible.

Le détail cinéphage / Hafsia Herzi ne savait pas danser la danse du ventre mais a menti pour obtenir le rôle.
par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Vendredi 14 décembre 2007
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film français d' Emmanuel Mouret avec Virginie Ledoyen, Emmanuel Mouret, Julie Gayet et Frédérique Bel

Embrassades et embarras

unbaisersilvousplait.jpgUn homme rencontre par hasard une femme qui cherche un taxi à Nantes. Il lui propose de l'accompagner en voiture et finit par vouloir l'embrasser. Elle lui refuse le baiser mais lui raconte une histoire.

Ce film est à la fois un régal et un bijou. Comme dans les mille et une nuits, le baiser sans cesse remis est prétexte au contage et aux racontages. La mise en abîme initiale (deux personnes qui veulent s'embrasser racontent leurs histoires d'embrassades) s'avèrera au bout du compte autre chose qu'un prétexte. Entre temps nous aurons eu le droit au marivaudage savoureux et franchement comique des tourtereaux faussement empruntés mais sexuellement performants joués par Emmanuel Mouret et Virginie Ledoyen (en parfait contrepoint l'un de l'autre). Derrière le ton rohmérien distancié (le sein de Virginie ne vous rappelle pas le genou de Claire ?), on perçoit une vraie sensibilité chez le réalisateur et un goût des mots et des situations. Les autres acteurs sont au diapason (parfaite Frédérique Bel, plus connue dans "la minute blonde" sur Canal Plus)
Le final est aussi enlevé que le reste du film, qui pourrait bien être la meilleure surprise de l'année du cinéma français. A voir (et sans doute à revoir) de toute urgence. Un client sérieux pour les César...

Le détail cinéphage / Emmanuel Mouret est mathématicien. Il est passionné par les théories mathématiques et le film le démontre (l'effet papillon).


par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Samedi 8 décembre 2007
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film américain de James Gray avec Joachim Phoenix, Mark Wahlberg et Eva Mendes

Tu seras un flic mon fils

Deux frères s'opposent à New-York. L'un est gérant de boîte de nuit, l'autre est flic.

A partir d'une trame archi classique, James Gray essaie de transcender l'affrontement quasi biblique entre un frère attiré par le monde la nuit et l'autre pris dans une filiation et une tradition policière. Sur un thème très proche, Ridley Scott arrive à donner de la densité aux deux personnages (American Gangster). Ici, c'est clairement le rôle joué par Joachim Phoenix qui l'emporte mais sans que l'on parvienne pour autant à bien saisir ses motivations. Du coup, l'intrigue finit par basculer dans le prévisible - en l'occurence une histoire de vengeance familiale. 
Une scène émerge de l'ensemble, celle de la poursuite sous la pluie, véritable morceau de bravoure. Mais on retombe assez vite dans la banalité avec un final bâclé et peu convaincant.


Le détail cinéphage / Eva Mendes a failli refuser le film car son rôle n'était pas étoffé. James Gray l'a finalement convaincue mais elle a obtenu en échange de modifier le nom de son personnage et de s'appeler Amada, comme sa grand-mère.
par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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