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Vendredi 30 mai 2008
Le réalisateur de La firme, Jeremiah Johnson, Tootsie et On achève bien les chevaux s'est éteint.
Il avait fait ces dernières années quelques apparitions dans les films de Woody Allen et plus récemment dans le dernier opus de Stanley Kubrick, Eyes wide shut.
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Dimanche 25 mai 2008
Laurent Cantet obtient la palme d'or à l'unanimité pour "Entre les murs", adaptation quasi documentaire du livre témoignage de François Bégaudeau, tourné avec les élèves de l'atelier théâtre du collège Françoise Dolto.
La France n'avait pas obtenu la palme depuis "Sous le soleil de Satan'" de Maurice Pialat.

Le palmarès complet :

- Palme d'or : Entre les murs, Laurent Cantet (France)
- Le Prix spécial du 61e Festival : Catherine Deneuve (Un Conte de Noël) et Clint Eastwood (L'Echange)
- Grand Prix : Gomorra de Matteo Garrone (Italie)
- Prix du jury : Il Divo de Paolo Sorrentino (Italie)
- Prix d'interprétation féminine : Sandra Corveloni pour Linha de Passe de Walter Salles
- Prix d'interprétation masculine : Benicio Del Toro pour le Che de Steven Soderbergh
- Prix du scénario : Les frères Dardenne pour Le silence de Lorna
- Prix de la mise en scène : Les Trois singes de Nuri Bilge Ceylan (Turquie)
- Caméra d'or : Hunger , de Steve McQueen (Grande-Bretagne)


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Dimanche 25 mai 2008

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film français d' Arnaud Desplechin avec Anne Consigny, Chiara Mastroïanni, Catherine Deneuve, Matthieu Amalric, Hyppolite Girardot, Emmanuelle Devos

Chimère indigne

Chez les Vuillard, bonne famille de Roubaix, les rapports se sont dégradés depuis que la soeur a voulu bannir l'un des frères, Henri, après s'être engagée à rembourser l'ensemble de ses dettes. Mais Junon, la mère, apprend qu'elle est atteinte d'un cancer et cherche un donneur de moelle compatible. Seuls Paul, son petit-fils atteint de schizophrénie, et Henri sont compatibles. Ce dernier est alors enfin autorisé à faire son retour dans la maison familiale à l'occasion de noël. 

Chroniqueur invétéré depuis plus de dix ans de la socionévrose familiale, Arnaud Desplechin se plaît, tel un Chabrol postmoderne ou un Vinterberg néoclassique, à disséquer les méandres sans fond de l'âme humaine. Ici aussi nous sommes en province, dans une famille qui s'est enrichie grâce à la teinturerie familiale, mais n'a pas su se défaire de certaines taches (tares), de son théâtre d'ombres - comme nous l'indique un peu lourdement le prologue du film.
Un enfant est mort et n'a pu être sauvé par le sang d'un autre. Il faut donc que quelqu'un paye pour ce deuil. Comme dans les mythes antique, Henri est le bouc émissaire idéal, électron libre sans morale et sans situation. Le "petit juif", comme l'appelle sa mère, a été déporté hors du territoire familial. Mais c'est pour mieux y revenir, puisque donneur compatible il peut de fait sauver la mère qui le rejette depuis toujours - elle ne l'a jamais aimé. Allusion à Festen, c'est par un toast haineux qu'il dira ses quatre vérités à une famille tétanisée par les jeux de pouvoir de la mère et de la fille. On verra plus tard que les hommes de la famille eux-mêmes n'en sont pas totalement absents.

Le réalisateur de Rois et reines a le mérite de donner à chaque personnage une épaisseur suffisante pour nourrir la trame suffocante d'une tragicomédie en boucle, en éternel recommencement. Anne Consigny et Chiara Mastroïanni trouvent des rôles à la mesure de leur talent mais les autres acteurs ne sont pas moins remarquables.
Pourtant, on regrette parfois la grâce imprévisible des personnages de Comment je me suis diputé ma vie sexuelle dont le film constitue une sorte de prequel, reprenant d'ailleurs l'un des personnages centraux, celui de Paul Dédalus, ici représenté comme égaré dans le labyrinthe de sa schizophrénie. On sait Desplechin fasciné par les mythes, l'irruption de l'imaginaire dans le réel (La sentinelle), la maladie, le stigmate et par tout ce qui touche à la paranoïa et à la folie. De fait, on a constamment l'impression qu'un autre monde se cache derrière le réel et c'est sans doute là son plus grand talent de conteur et de cinéaste. Il suffirait juste que le film s'épure davantage, ne s'encombre pas trop de références socio-psycho-anthropologisantes (Emmanuel Bourdieu est co-auteur du scénario) pour que les personnages puissent se battre et se débattre avec leur propre histoire et leur propre liberté. C'est cela et uniquement cela qui nous intéresse au cinéma. Les ailes chimériques de Desplechin sont ici un peu trop lourdes pour lui permettre de toucher les cieux. Mais peut-être avait-il peur de les brûler ?

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Dimanche 18 mai 2008
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film français de Yann Le Gal, Isild le Besco, Joana Hadjithomas, Khalil Joreige, Ismaël Ferroukhi, Corinne Garfin, Safy Nebbou.

Cahier et cinéma

Six sketches sur l'enfance d'un réalisateur de cinéma (Tati, Bergman, Lang, Renoir, Hitchcock, Welles).

Voici une heureuse surprise que ce film à sketches dont tous les scénarios ont été écrits par Yann Le Gal, ce qui confère une véritable unité à l'ensemble. On commence avec deux très courts métrages sur l'enfance de Fritz Lang (qui découvre que sa mère est juive) et d'Orson Welles. Puis on s'amuse de l'inadaptation du jeune Tati à l'univers scolaire et ses cadres enfermants (la photo de classe au format trop étroit).
Les trois derniers films prennent plus d'ampleur. Celui sur Renoir permet de se souvenir que le cinéma a souvent été un art fait par des bourgeois qui avaient envie de donner des coups de canif à une vie trop prévisible. Le court métrage sur Hitchcock, en noir et blanc, est sans doute le plus réjouissant, avec le personnage de la mère castratrice que le fils rêve une nuit de cauchemar de voir égorgée (clin d'oeil appuyé à Psychose) après qu'elle a jeté au feu son cahier d'actrices libidinales. Les mères, qu'elles soient haïes ou aimées, jouent d'ailleurs un rôle de premier plan dans la vie de nos futurs cinéastes.
Le dernier film, sur Bergman, nous montre d'ailleurs que cinéma et névrose familiale ont toujours fait bon ménage. Mais ici, il s'agit moins de tuer le père que la petite soeur...

Une belle réussite collective et un hommage sensible au cinéma d'ici et d'ailleurs. Notre favori du mois.
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Jeudi 15 mai 2008

Les films en compétition :

  • ADORATION réalisé par Atom EGOYAN
  • BLINDNESS réalisé par Fernando MEIRELLES
  • CHE réalisé par Steven SODERBERGH
  • DELTA réalisé par Kornel MUNDRUCZO
  • ENTRE LES MURS réalisé par Laurent CANTET
  • ER SHI SI CHENG JI (24 CITY) réalisé par Zhangke JIA
  • GOMORRA réalisé par Matteo GARRONE
  • IL DIVO réalisé par Paolo SORRENTINO
  • L'ÉCHANGE réalisé par Clint EASTWOOD
  • LA FRONTIÈRE DE L'AUBE réalisé par Philippe GARREL
  • LA MUJER SIN CABEZA réalisé par Lucrecia MARTEL
  • LE SILENCE DE LORNA réalisé par Jean-Pierre et Luc DARDENNE
  • LEONERA réalisé par Pablo TRAPERO
  • LINHA DE PASSE réalisé par Walter SALLES, Daniela THOMAS
  • MY MAGIC réalisé par Eric KHOO
  • PALERMO SHOOTING (RENDEZ-VOUS A PALERME) réalisé par Wim WENDERS
  • SERBIS réalisé par Brillante MENDOZA
  • SYNECDOCHE, NEW YORK réalisé par Charlie KAUFMAN
  • TWO LOVERS réalisé par James GRAY
  • ÜÇ MAYMUN (LES TROIS SINGES) réalisé par Nuri Bilge CEYLAN
  • UN CONTE DE NOËL réalisé par Arnaud DESPLECHIN
  • WALTZ WITH BASHIR (VALSE AVEC BASHIR) réalisé par Ari FOLMAN
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Lundi 12 mai 2008

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film thaïlandais de Aditya Assarat

Impossible reconstruction

Un architecte est chargé de suivre un chantier de reconstruction sur une des plages frappées par le tsunami. Il loge dans l'arrière-pays dans un petit hôtel et s'éprend peu à peu de la tenancière.

Etonnant petit film qui navigue entre différents niveaux de lecture : quête d'un amour difficile à assumer, reconstruction d'un environnement saccagé par les éléments, conquête d'une autonomie sociale, solidarité fraternelle, perte des repères, tout s'imbrique ici pour former un puzzle complexe et envoûtant. La bluette prévisible ne tarde pas à déraper vers le drame social alors même que chacun des personnages recherche la vérité des sentiments. L'aspect pessimiste ne verse pas pour autant dans la misanthropie car chaque personnage joue sa partition avec les forces dont il dispose, constructives pour les uns, destructives pour les autres. Certaines semblent apparemment l'emporter mais aucune ne pèse réellement face à celles, autrement puissantes, des éléments.

Le détail cinecritic / Grand prix du festival de Rotterdam 2008 et magnifique affiche, peut-être plus belle que le film lui-même.
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