Il avait fait ces dernières années quelques apparitions dans les films de Woody Allen et plus récemment dans le dernier opus de Stanley Kubrick, Eyes wide shut.
ajouter un commentaire commentaires (0) recommander
C I N E C R I T I C
Le blog critique des cinéphages
- Palme d'or : Entre les murs, Laurent Cantet (France)
- Le Prix spécial du 61e Festival : Catherine Deneuve (Un Conte de Noël) et Clint Eastwood (L'Echange)
- Grand Prix : Gomorra de Matteo Garrone (Italie)
- Prix du jury : Il Divo de Paolo Sorrentino (Italie)
- Prix d'interprétation féminine : Sandra Corveloni pour Linha de Passe de Walter Salles
- Prix d'interprétation masculine : Benicio Del Toro pour le Che de Steven Soderbergh
- Prix du scénario : Les frères Dardenne pour Le silence de Lorna
- Prix de la mise en scène : Les Trois singes de Nuri Bilge Ceylan (Turquie)
- Caméra d'or : Hunger , de Steve McQueen (Grande-Bretagne)
@ @
film français d' Arnaud Desplechin avec Anne Consigny, Chiara Mastroïanni, Catherine Deneuve, Matthieu Amalric, Hyppolite Girardot, Emmanuelle
Devos
Chimère indigne
Chez les Vuillard, bonne famille de Roubaix,
les rapports se sont dégradés depuis que la soeur a voulu bannir l'un des frères, Henri, après s'être engagée à rembourser l'ensemble de ses dettes. Mais Junon, la mère, apprend
qu'elle est atteinte d'un cancer et cherche un donneur de moelle compatible. Seuls Paul, son petit-fils atteint de schizophrénie, et Henri sont compatibles. Ce dernier est
alors enfin autorisé à faire son retour dans la maison familiale à l'occasion de noël.
Chroniqueur invétéré depuis plus de dix ans de la socionévrose familiale, Arnaud Desplechin se plaît, tel un Chabrol postmoderne ou un Vinterberg néoclassique, à disséquer les méandres sans
fond de l'âme humaine. Ici aussi nous sommes en province, dans une famille qui s'est enrichie grâce à la teinturerie familiale, mais n'a pas su se défaire de certaines taches (tares), de son
théâtre d'ombres - comme nous l'indique un peu lourdement le prologue du film.
Un enfant est mort et n'a pu être sauvé par le sang d'un autre. Il faut donc que quelqu'un paye pour ce deuil. Comme dans les mythes antique, Henri est le bouc émissaire idéal,
électron libre sans morale et sans situation. Le "petit juif", comme l'appelle sa mère, a été déporté hors du territoire familial. Mais c'est pour mieux y revenir, puisque donneur compatible il
peut de fait sauver la mère qui le rejette depuis toujours - elle ne l'a jamais aimé. Allusion à Festen, c'est par un toast haineux qu'il dira ses quatre vérités à une famille tétanisée
par les jeux de pouvoir de la mère et de la fille. On verra plus tard que les hommes de la famille eux-mêmes n'en sont pas totalement absents.
Le réalisateur de Rois et reines a le mérite de donner à chaque personnage une épaisseur suffisante pour nourrir la trame suffocante d'une tragicomédie en boucle, en éternel
recommencement. Anne Consigny et Chiara Mastroïanni trouvent des rôles à la mesure de leur talent mais les autres acteurs ne sont pas moins remarquables.
Pourtant, on regrette parfois la grâce imprévisible des personnages de Comment je me suis diputé ma vie sexuelle dont le film constitue une sorte de prequel, reprenant
d'ailleurs l'un des personnages centraux, celui de Paul Dédalus, ici représenté comme égaré dans le labyrinthe de sa schizophrénie. On sait Desplechin fasciné par les mythes, l'irruption de
l'imaginaire dans le réel (La sentinelle), la maladie, le stigmate et par tout ce qui touche à la paranoïa et à la folie. De fait, on a constamment l'impression qu'un autre monde se
cache derrière le réel et c'est sans doute là son plus grand talent de conteur et de cinéaste. Il suffirait juste que le film s'épure davantage, ne s'encombre pas trop de références
socio-psycho-anthropologisantes (Emmanuel Bourdieu est co-auteur du scénario) pour que les personnages puissent se battre et se débattre avec leur propre histoire et leur propre liberté.
C'est cela et uniquement cela qui nous intéresse au cinéma. Les ailes chimériques de Desplechin sont ici un peu trop lourdes pour lui permettre de toucher les cieux. Mais peut-être avait-il peur
de les brûler ?
Six
sketches sur l'enfance d'un réalisateur de cinéma (Tati, Bergman, Lang, Renoir, Hitchcock, Welles).
@ @
film thaïlandais de Aditya Assarat
Impossible reconstruction
@ @ @ @ : divin
@ @ @ : succulent
@ @ : délicieux
@ : on peut goûter
# : sans façon