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film américain de Paul Thomas Anderson avec Daniel Day Lewis, Paul Dano
Oscar du meilleur film, du meilleur acteur
A l'époque de la ruée vers le pétrole, Daniel Plainview, homme d'affaires peu scrupuleux rachète des terres à des petits propriétaires calforniens pour en exploiter le sous-sol. Il trouve sur sa route un faux prophète.
Très annoncé, très attendu, précédé d'une réputation flatteuse, le nouveau film du réalisateur du surestimé Magnolia et du sous-estimé Punch-drunk love se risque à l'adaptation d'un classique d'Upton Sinclair, "Oil". Pour éviter de tomber dans le piège de la reconstitution historique, l'intrigue reste centrée sur les rapports tendus entre les trois personnages principaux et soutenue par une musique contemporaine décalée (qui s'inspire un peu de Gyorgi Ligeti)*. L'interprétation est de grande qualité - même si Day Lewis a tendance à surjouer - et le début du film absolument captivant. Pourtant curieusement, quelque chose ne prend pas.
Est-ce à dire que le roman est inadaptable ? En tout cas la référence archi appuyée au combat entre Caïn et Abel finit par être un peu encombrante - même pour un film américain - et la scène finale ne permet pas de répondre aux questionnements légitimes du spectateur concernant non seulement le héros mais aussi les frères jumeaux Paul et Eli Sunday, deux faces d'un même désir de trahir sa condition. De ce point de vue, le meilleur moment est sans doute celui durant lequel Plainview, en clair obscur, livre au grand jour sa totale incapacité à "être" parmi les hommes ("je hais la plupart des gens").
Au total, une oeuvre intense, palpitante, qui cherche à retrouver les fondements d'une société américaine partagée entre la recherche du salut et du profit, mais qui aurait peut-être gagné à donner plus de densité aux personnages secondaires.
*Le détail cinecritc / la musique du film est signée Jonny Greenwood, du groupe Radiohead.
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