Lundi 24 décembre 2007
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10:57
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film français d'
Abdellatif Kechiche avec
Habib Boufares, Hafsia Herzi, Faridah Benkhetache et
Abdelhamid
Aktouche
Le cinéma parlant
Un homme
récemment licencié décide d'investir ses indemnités dans la transformation d'une épave en bateau-restaurant. Il fait appel à son ex-femme et à ses enfants mais également à sa belle fille pour
l'aider dans son projet.
En grande partie autobiographique, le nouveau film du réalisateur de L'Esquive aborde à nouveau le thème sensible de l'intégration. Cette fois, il ne s'agit plus d'évoquer les
tourments de la jeunesse d'une cité sensible (quoique), mais de dépeindre les difficultés de la première génération à l'horizon de la retraite et de la vieillesse.
Caméra à l'épaule, le film nous embarque dans un tourbillon de paroles et de sentiments plus ou moins maîtrisés, une grande liberté étant laissée aux acteurs, tous remarquables.
Le cinéma qui est revendiqué ici n'est pas loin de celui des frères Dardenne. Les situations sont souvent à l'extrême, comme dans les deux scènes remarquables de désespoir des belles-filles,
comme en miroir. C'est à la lisière de la famille que la difficulté de vivre parvient à s'exprimer, car souffrance il y a visiblement derrière la chaleur et les marques
d'affection, et pas seulement du fait de l'intolérance - palpable - de la société d'accueil voire intracommunautaire.
Comme dans l'esquive, ce sont les personnages féminins qui semblent porter le film et le réalisateur gagnerait sans doute à creuser la psychologie masculine, afin d'équilibrer les caractères et de
donner aux personnages toutes leurs chances, notamment celui du frère aîné volage.
Si la fin semble se clore sur une note presque folklorique - la danse du ventre - le contrepoint tragique laisse à penser que l'intégration n'est pas pour demain, le symbole du couscous au poisson
(la graine et le mulet) fonctionnant comme parfaite métaphore d'une acculturation rendue impossible.
Le détail cinéphage / Hafsia Herzi ne savait pas danser la danse du ventre mais a menti pour obtenir le rôle.
Par Jean-Michel Le Bail
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Vendredi 14 décembre 2007
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12:33
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film français d'
Emmanuel Mouret avec
Virginie Ledoyen, Emmanuel Mouret, Julie Gayet et
Frédérique Bel
Embrassades et embarras
Un homme
rencontre par hasard une femme qui cherche un taxi à Nantes. Il lui propose de l'accompagner en voiture et finit par vouloir l'embrasser. Elle lui refuse le baiser mais lui raconte une
histoire.
Ce film est à la fois un régal et un bijou. Comme dans les mille et une nuits, le baiser sans cesse remis est prétexte au contage et aux racontages. La mise en abîme initiale (deux personnes qui
veulent s'embrasser racontent leurs histoires d'embrassades) s'avèrera au bout du compte autre chose qu'un prétexte. Entre temps nous aurons eu le droit au marivaudage savoureux et franchement
comique des tourtereaux faussement empruntés mais sexuellement performants joués par Emmanuel Mouret et Virginie Ledoyen (en parfait contrepoint l'un de l'autre). Derrière le ton rohmérien
distancié (le sein de Virginie ne vous rappelle pas le genou de Claire ?), on perçoit une vraie sensibilité chez le réalisateur et un goût des mots et des situations. Les autres acteurs sont au
diapason (parfaite Frédérique Bel, plus connue dans "la minute blonde" sur Canal Plus)
Le final est aussi enlevé que le reste du film, qui pourrait bien être la meilleure surprise de l'année du cinéma français. A voir (et sans doute à revoir) de toute urgence. Un client
sérieux pour les César...
Le détail cinéphage / Emmanuel Mouret est mathématicien. Il est passionné par les théories mathématiques et le film le démontre (l'effet papillon).
Par Jean-Michel Le Bail
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Samedi 8 décembre 2007
6
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/2007
20:54
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film américain de
James Gray avec
Joachim Phoenix, Mark Wahlberg et
Eva Mendes
Tu seras un flic mon fils
Deux frères s'opposent à New-York. L'un est gérant de boîte de nuit, l'autre est flic.
A partir d'une trame archi classique, James Gray essaie de transcender l'affrontement quasi biblique entre un frère attiré par le monde la nuit et l'autre pris dans une filiation et une
tradition policière. Sur un thème très proche, Ridley Scott arrive à donner de la densité aux deux personnages (American Gangster). Ici, c'est clairement le rôle joué par Joachim Phoenix
qui l'emporte mais sans que l'on parvienne pour autant à bien saisir ses motivations. Du coup, l'intrigue finit par basculer dans le prévisible - en l'occurence une histoire de vengeance
familiale.
Une scène émerge de l'ensemble, celle de la poursuite sous la pluie, véritable morceau de bravoure. Mais on retombe assez vite dans la banalité avec un final bâclé et peu
convaincant.
Le détail cinéphage / Eva Mendes a failli refuser le film car son rôle n'était pas étoffé. James Gray l'a finalement convaincue mais elle a obtenu en échange de modifier le
nom de son personnage et de s'appeler Amada, comme sa grand-mère.
Par Jean-Michel Le Bail
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Lundi 26 novembre 2007
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/2007
18:55
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film américain de
Ridley Scott avec
Denzel Washington et
Russel Crowe
Cash cash
Dans le New York des années 70, le chauffeur d'un caïd décide de prendre sa place à sa mort en montant un trafic d'héroïne entre le Vietnam et les Etats Unis. Un
flic incorruptible cherche à le prendre dans ses filets...
Ridley Scott s'est visiblement intéressé à ce sujet qui pourtant pouvait assez vite sombrer dans le cliché du film noir. S'appuyant sur une reconstitution minutieuse (cf. l'incroyable scène
d'ouverture dans un magasin de hifi de l'époque ou encore le combat Mohammed Ali vs. Frazier), il tisse la toile d'un scénario extrêmement construit dans lequel aucune scène n'est gratuite. La
densité du jeu des acteurs est impressionnante (particulièrement chez Denzel Washington) et la mise en scène se met volontairement en retrait pour laisser dialoguer les personnages. La mise en
parallèle du flic et du voyou est assez éclairante sur les motivations cachées de l'un et de l'autre et la volonté sociale de s'en sortir coûte que coûte dans une société où les dés sont pipés. En
filigrane, on comprend le rôle joué par la drogue dans la guerre du Vietnam et la corruption de l'armée.
Une oeuvre majeure dans la filmographie du réalisateur de Blade Runner, Gladiator et Alien.
Par Jean-Michel Le Bail
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Samedi 24 novembre 2007
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/2007
18:55
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film irlandais de
John Carney
Il était une fois...la musique
Un musicien des rues rencontre une jeune
immigrée, également chanteuse et musicienne. Elle accepte de collaborer pour l'aider à enregistrer son premier album.
Une tentative sympathique qui ne va pas révolutionner le film musical mais assez documentée sur le milieu (l'écoute du disque sur l'autoradio) et plutôt bien jouée (dans les deux sens du
terme). La situation des protagonistes fonctionne en arrière-plan mais éclaire les chansons, notamment dans la belle scène où la chanteuse écoute les paroles qu'elle a composée en marchant
dans les rues.
Le montage a tendance à privilégier la musique (une chanson toutes les dix minutes) et l'intrigue en souffre parfois mais au final l'émotion est au rendez-vous, notamment dans la scène finale,
brillamment filmée.
Le détail cinéphage / Les deux acteurs sont musiciens professionnels. Si cela vous tente, la BO du film est sortie en CD.
Par Jean-Michel Le Bail
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Samedi 17 novembre 2007
6
17
/11
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/2007
18:40
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film germano-turc de
Fatih Akin avec
Nurgül Yesilçav et
Hanna Schygulla
Entrelacs
Une prostituée accepte
de partager la vie d'un homme âgé et alcoolique, d'origine turc comme elle. Un jour, il la frappe mortellement. Son fils, professeur d'université, décide de partir en Turquie pour
retrouver la fille de cette femme.
Six personnages appartenant à deux générations et deux pays. Tel est le défi entrepris par le film du réalisateur de Crossing the bridge et
Head-on, qui entremêle les destinées avec force retours en arrière et doubles scènes (comme chez Gus Van Sant).
Si le procédé est un peu usé (les personnages se croisent sans se (re)connaître), il se dégage néanmoins du film une belle atmosphère. Hanna Schygulla est tout à fait remarquable dans le rôle de
la mère d'une jeune fille à la recherche d'elle-même.
Le contexte politique, discrètement évoqué (mais on sent bien le poids d'une démocratie qui se cherche à travers les images d'archives et de manifestations) pèse ici moins que les
trajectoires migratoires inabouties et les incompréhensions entre générations. Un film à voir.
Par Jean-Michel Le Bail
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Mercredi 7 novembre 2007
3
07
/11
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/2007
22:48
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film anglo-canadien de
David Cronenberg avec
Viggo Mortensen, Naomi Watts, Vincent Cassel et
Jerzy Skolimowski
La violence sur la peau
Une jeune fille de
14 ans meurt en accouchant d'une petite fille. La sage-femme récupère son journal intime pour découvrir son identité.
Deuxième volet consacré à la violence de l'existence (après History of violence), les promesses de l'ombre se présente davantage comme un film de genre que le précédent. Ce qu'il
gagne en efficacité et parfois en humour noir, il le perd sans doute en profondeur, avec le risque évident de sombrer parfois dans le cliché des méchants et si pittoresques mafieux russes.
Pourtant Cronenberg parvient à dépasser l'obstacle en s'appuyant notamment sur une interprétation hors pair (intense Viggo Mortensen, lumineuse Naomi Watts, troubant Vincent Cassel) et des faux
rythmes savamment dosés dans l'intrigue.
La mise en parallèle du journal intime et du tatouage à partir desquels on peut lire la vie (écriture sur la peau parchemin) est intéressante même si elle apparaît un peu comme un
artefact. Elle rejoint les thèmes de prédilection du réalisateur d'Existenz, du Festin nu et de Crash : transformation de la chair, violence du monde, répétition du
destin... Pour autant, le fim n'atteint pas la densité des opus précédents.
Mention spéciale tout de même à la scène du hammam qui risque fort de devenir culte.
Par Jean-Michel Le Bail
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Mardi 6 novembre 2007
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06
/11
/Nov
/2007
14:28
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film américain de
Gus Van Sant
A l'ouest
Un adolescent passionné de skate tue par mégarde un agent de sécurité au cours d'une soirée.
Désolé de livrer dans le résumé le coupable mais comme de toute façon on l'apprend au bout d'une demie-heure....Le reste du film se partage entre remémorations en flash-backs et scènes
de la vie quotidienne d'un ado moyen. Notre héros semble légèrement coupé de la réalité et l'on peut se demander s'il est vraiment conscient de ce qui l'entoure. Son entourage se résume
à quelques silhouettes évasives si l'on excepte sa girlfriend archétypale. De longs travellings esthétisants sont censés nous faire partager la passion de la glisse, hélas sans résultat
probant.
On ressort forcément déçu et agacé par ce qui aurait dû se limiter à un court métrage.
Par Lubna Le Bail
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Samedi 3 novembre 2007
6
03
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/2007
11:52
Le magazine Sciences et Avenir se propose de répondre pour ses
soixante ans à soixante grandes questions (le réchauffement climatique, la vie extraterrestre) qui nous taraudent. Au passage, il nous livre sa videothèque de science-fiction idéale avec une
liste des 25 meilleurs films de tous les temps. Nous ne résistons pas à vous la livrer d'autant que notre film préféré de l'an dernier (Les fils de l'homme) y figure en bonne place.
Notre regret : un seul film français (Farenheit 451), signe de la faiblesse de la production nationale dans ce domaine mais Alphaville et Eternal sunshine of the spotless
mind ne figurent pas dans la liste... et tout de même un oubli de taille : Orange mécanique.
Métropolis de Fritz Lang, 1927
La Guerre des Mondes de Byron haskin, 1953
Farenheit 451 de François Truffaut, 1966
Le voyage fantastique de Richard Fleisher, 1966
La planète des singes de Franklin Shaffner, 1968
2001, L'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, 1968
Soleil vert de Richard fleisher, 1973
Mondwest de Michael Crichton, 1973
La guerre des étoiles de Georges Lucas, 1977
Rencontres du troisième type de Steven Spielberg, 1977
Ces garçons qui venaient du Brésil de Franklin Shaffner, 1978
Superman de Richard Donner, 1978
Alien de Ridley Scott, 1979
Blade Runner de Ridley Scott, 1982
Tron de Steven Lisberger, 1982
Terminator de James Cameron, 1984
Brazil de Terry Gilliam, 1985
La mouche de david Cronenberg, 1986
Predator de John Mac Tiernan, 1987
Abyss de James Cameron, 1989
Jurassik Park de Steven Spielberg, 1993
Mars attacks de Tim Burton, 1996
Bienvenue à Gattaca d'Andrew Niccol, 1997
Existenz de David Cronenberg, 1999
Les fils de l'homme d'Alfonso Cuaron, 2006
On peut également consulter le site
http://uk.rottentomatoes.com pour accéder au classement du top 100 selon nos
confrères britanniques
Par Le Bail
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Jeudi 1 novembre 2007
4
01
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/Nov
/2007
18:59

Ressortie en version 3 D du chef d'oeuvre de Tim Burton et Henry Selick (que l'on a un peu tendance à
oublier dans l'histoire alors qu'il a largement contribué à la dimension artistique du film). Etait-ce bien nécessaire ? Ce film a déjà ses afficionados, il a bercé toute une génération de
Burtonophiles. Tim Burton a beau déclarer qu'il s'agit d'une véritable prouesse technique, que ça donne une nouvelle force au film, on peut y voir surtout une opération markéting au moment où
Disney n'a pas de film d'animation à sortir. Pour mémoire, rappelons que
l'étrange noël avait largement pâti à l'époque de sa sortie de la concurrence d'un certain...
Roi Lion.
Et puis, Jack Skellington n'est tout de même pas aussi effrayant en relief que l'étrange créature du lac noir, un autre classique de la 3D. On nous annonce également une nouvelle version de
Voyage au centre de la terre. A vos lunettes.
Par Le cinéphage
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