film français de Michel Spinosa avec Isabelle Carré et Gilbert Melki
Après avoir tenté de se suicider, Anna, restauratice dans une bibliothèque, est rééduquée dans un hôpital où elle rencontre un médecin. Elle cherche à se persuader qu'il la désire et commence à la suivre, à l'espionner...
Filmer la folie n'est jamais simple et pour tout dire franchement casse gueule (cf. Le dernier des fous). Pour quelques chefs d'oeuvre (Vol au dessus d'un nid de coucous, Sweetie, Une femme sous influence...), combien de films prévisibles ou moralistes (Basic Instinct, Le corps de mon ennemi...). Le fou n'est finalement qu'une exacerbation de l'Autre, dans tout ce qu'il représente de différent voire de dangereux. Mais pour qu'il reste quelque chose de cinématographique, il faut laisser une chance au personnage ou alors que d'autres s'embarquent dans sa folie. C'était le cas pour une certaine Adèle H. (tiens ! comme Anna M.) de Fraçois Truffaut
Mais Michel Spinosa, fin tacticien, ne choisit jamais vraiment entre ces deux options. Le médecin victime de l'érotomane ne présente pas la moindre faille et refuse de rentrer dans le jeu de celle qu'il décrit dès le départ comme "une malade". L'amie d'Anna reste le seul support, le seul étayage d'une société qui rejette parce qu'elle ne peut le contrôler socialement l'amour braque, l'amour à mort. Plutôt discret au début du film, le personnage devient d'ailleurs de plus en plus présent jusqu'à la scène finale, aussi inutilement élégiaque qu'ambigüe (où est passé l'enfant ?). La manie amoureuse pourra-t-elle être sublimée en amour maternel? Rien n'est moins sûr...en ces temps de mères infanticides.
Reste l'interprétation d'Isabelle Carré, qu'on aura préféré dans le registre de l'instabilité dans Se souvenir des belles choses mais qui porte la lourdeur du film de bout en bout avec sa grâce et sa fragilité habituelles.
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