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V. Herpe, intervenant cinéaste
L. Le Bail, étudiante vidéaste
E. Roudmanovitch, enseignante
H. Le Bail, cinéphage
D. Déjardin, enseignant

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Mercredi 27 juin 2007
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Film franco-thaïlandais de Apichatpong Weerasethakul

Amour et contrariétés

Dans un hopital de campagne une jeune doctoresse fait passer des tests à de futurs medecins, refuse les avances d'un collègue et tombe amoureuse d'un fleuriste, spécialiste des orchidées. Dans un hopital à Bangkok, un medecin entame sa première journée de travail, projette de s'installer avec sa petite amie, et rencontre les différents membres du personnel.

Weerasethakul pratique ici une esthétique de la discontinuité en s'amusant à interrompre les récits des personnages, à entrecouper les scènes de flash-backs inattendus ou en repètant les mêmes scènes selon un autre angle de vue.Le réalisateur installe ainsi un véritable jeu avec le spectateur en l'incitant - non sans un certain humour - à prendre du recul avec le film. Le générique, par exemple, prend la forme d'une mise en abîme dans laquelle les acteurs, au détour d'une discussion futile, se plaignent d'avoir à rejouer tout le temps la même scène. En outre ce dernier installe un subtil parallèle entre les deux histoires en faisant d'une part jouer les mêmes acteurs, d'autre part les fait se confronter aux mêmes affres sentimentales.

Dans le fond il est très difficile de savoir où Weerasethakul veut en venir. Il semble que le film tende à constater l'immobilisme d'une société partagée entre tradition et modernisation qui se trouve finalement contrainte de respecter machinalement des codes et des règles qu'elle ne comprend pas...ou plus. En outre le réalisateur nous invite à réfléchir sur la place laissée à l'amour dans ce pays victime de son fulgurant developpement.

par Lubnal Le Bail publié dans : cinecritic
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Mardi 26 juin 2007

 

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film américain de Quentin Tarantino avec Kurt Russel, Rosario Dawson, Rose Mc Gowan

Death Poufs

Mick la cascade, serial-killer balafré un tantinet pervers s'amuse à martyriser de jeunes nymphes en mini-short au volant de son bolide-une ford mustang noire tunée- afin d'assouvir ses pulsions lubriques... Mais si le premier groupe de minettes auxquel il s'attaque finit explosé sur le bord de la route, il n'en est pas de même pour le deuxième, qui fier du girl power, parviendra à lui régler son compte au terme d'une course poursuite endiablée.

Tarantino rend ici hommage aux films du genre jusqu'à célébrer les génériques miteux et les défauts de pellicules. Tout est fait pour que vous ayez l'impression de vous trouver dans une vulgaire petite salle de quartier et... c'est assez réussi. En plus d'avoir détériorer la bande pour retrouver les couleurs des séries B d'antan, Tarantino s'est également fait plaisir : les jeunes femmes victimes du cascadeur sanguinaire sont toutes magnifiques, les courses de voitures sont impressionnantes -surtout la dernière réalisée sans trucages- et la bande-son est réjouissante. En outre le film respecte les essentiels du cinéma bis à savoir le manque crucial de trame narrative, l'absence de dimension dramatique, les longueurs et les dialogues salés mais sans aucun intéret.

Tarantino parvient donc à faire revivre un cinéma dépassé tout en prennant une certaine distance avec son propre film. En effet le contexte temporel reste aussi flou que le personnage de Mick la cascade. Le réalisateur mélange ainsi une bande son et des voitures des années 70 avec des objets tels que des i-pods ou des téléphones portables, comme si l'anachronisme n'avait en fait pas d'importance ("on est dans un film de série B, vous croyez qu'on a les moyens de se payer une script-girl?"). Mais le tout donne un divertissement agréable dans lequel le spectateur alerte peut s'amuser à dénicher les multiples références cinématographiques.

par Lubna Le Bail publié dans : cinecritic
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Mercredi 20 juin 2007
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film américain de Gore Verbinsky avec Johnny Depp, Orlando Bloom, Keira Knightley et Keith Richards

Jusqu'au bout du troisième épisode

Enfin le 3ème est arrivé. Certains l'attendaient avec impatience (pas nous), d'autres craignaient le pire... Résultat: compte tenu de la complexité du scénario, si vous n'avez pas vu le 2, vous avez de grandes chances de ne pas comprendre. Si vous l'avez vu, également. Résumons : Jack Sparrow a été avalé par le Krakken, attaché qu'il était au mat par la vilaine Elisabeth Swann. Will Turner, de son côté est persuadé qu'Elisabeth aime Jack Sparrow. L'équipage, pour sa part, veut retrouver son capitaine grâce à une mystérieuse carte du bout du monde. Nous n'avons pas très bien compris la suite, abrutis que nous étions par la succession de batailles dolbystéréoisés mais néanmoins charmés par une si belle histoire d'amour.

Tant de vide intersidéral sidère.

par Héloïse Le Bail publié dans : cinecritic
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Lundi 18 juin 2007
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film français de Lola Doillon

Marivaud'age tendre

Elodie et Julie sont deux amies en classe de 3eme.La fin de l'année approchant elles se lançent un défi: coucher avec un garçon avant les vacances. Mais sur qui portera leur choix? Vincent, le "pote sympa mais un peu relou"? Nicolas, qui "se la pète genre j'ai de l'expérience"? ou Kevin, le "mec trop stylé qui déchire"?

On l'aura compris, cette comédie met à l'honneur le parler "djeun's" mais Lola Doillon ne parvient pas à égaler le très subtil "l'Esquive". Ce tableau d'une adolescence de la classe moyenne française souffre en effet de déficiences majeures à commencer par des personnages secondaires stéréotypés. Il est vrai que malgré  nos quatre acteurs principaux, aux personnalités complexes, les autres protagonistes tombent dans une caricature des plus navrantes. On a ainsi droit au beau gosse, au fan de jeu vidéo, au rebelle, à la moche etc... Le scénario flirte parfois dangereusement avec le sitcom si bien qu'on finit par se demander si l'on a pas affaire à un (plutôt ) bon téléfilm.

Toutefois "et toi, t'es sur qui?" reste un agréable divertissement, on ne s'y ennuie pas et certaines scènes donnent lieu à des sketches efficaces (notamment le stage en poissonnerie) portés par une interprétation pleine de finesse de la part de jeunes acteurs débutants.

par Lubna Le Bail publié dans : cinecritic
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Dimanche 17 juin 2007

film d'animation américain de Chris Miller 

Un Schrek vert ça va...

Totalement décontenancé par la perspective de devenir souverain en chef du royaume de fort fort lointain, Schrek se met en tète de trouver un héritier supléant qui puisse lui permettre de rejoindre son marais putride... Mais sa quète ne s'avère pas aisée car Arthur, héritier gringalet et souffre-douleur de son école, n'a aucune envie de se voir attribuer de telles responsabilités et qu'en outre, Prince charmant, dopé au gloss myrtille, souhaite lui-mème accéder au trône histoire de venger sa môman et tout les ratés des contes de fées.

Il ressort de cette lutte acharnée pour le pouvoir une profonde impression d'inachèvement. Schrek 3 n'apparait que comme la synthèse maladroite des deux premiers.  L'effet de surprise y est totalement subverti par la redondance des gags et la réutilisation constante des mêmes personnages, qui finissent par faire du film une pâle réplique des Shrek 1 et 2. En outre ce troisième volet s'achève sur un discours dégoulinant de bons-sentiments ("le respect des différences et la nécessité d'être soi-même c'est important les enfants"). On ressort déçu face à de telles mievreries auxquelles ne nous avaient pas habitués les épisodes précédents.

Mis à part l'épisode onirico-délirant de l'invasion des bébés ogres et l'intervention d'un Merlin en tongs, prônant l'ouverture extra-cosmique des chakras ,Schrek 3 ne survit pas à la déficience d'un scénario qui marque l' essouflement du concept.

par lubna Le Bail publié dans : cinecritic
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Samedi 16 juin 2007
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film américain de David Fincher avec Jake Gyllenhall

La montre qui tue

On a connu David Fincher relativement inspiré avec ses divagations biblico-policières sur le thème du serial killer (Seven). Nous voici plongé à nouveau dans l'univers glauque d'un tueur de jeunes femmes avec en prime une magnifique reconstitution des années 60, 70, 80... (après, c'est plus facile à reconstituer) 

Le problème, c'est qu'une fois passé les crimes (pas mal filmés d'ailleurs) on ne s'intéresse pas tellement à l'histoire du tueur ou à l'enquête mais plutôt à cette bien belle reconstitution (avec force modèles d'automobiles aujourd'hui disparus, machines à écrire de brocante...). Et lorsqu'on arrive aux années récentes, eh bien on a tout à fait perdu le fil. De toute façon, l'enquête piétine depuis quarante ans, alors ce n'est pas nous qui allons la faire avancer (un indice tout de même : tic-tac).

Comme disent les Inrocks, c'est un film qui fonctionne sur le mode "déceptif"... Mais juste un conseil avant de conclure : si vous êtes serialkiller etatsunien, mieux vaut tuer vos victimes dans des états fédéraux différents. Vu la coordination qui règne entre les services, vous avez peu de chances de vous faire prendre. Bon, pour la morale, le tueur a quand même fini par mourir... d'une crise cardiaque avant son arrestation. Désolé de gâcher le suspense.

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Mardi 22 mai 2007

Palmarès du 60e Festival de Cannes

 Palme d'Or : 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu

Grand Prix : La Forêt de Mogari de Naomi Kawase

Prix du 60e anniversaire : Gus Van Sant pour Paranoid Park

Prix d'interprétation féminine : Jeon Do-Yen pour Secret Sunshine

Prix d'interprétation masculine : Konstantin Lavronenko pour Le bannissement

Prix du scénario : Fatih Akin pour De l'autre côté

Prix de la mise en scène : Julian Schnabel pour Le scaphandre et le papillon

Prix du Jury, ex-aequo : Persepolis de Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud

Lumière silencieuse de Carlos Reygadas

Palme d'or exceptionnelle : Jane Fonda


 

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinéma
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Dimanche 13 mai 2007
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film documentaire américain de Heidi Ewing et Rachel Grady

Bush : la trilogie

Après le pamphlet virulent de Fahrenheit 9/11 sur les liens coupables entre la famille Bush et les intérêts pétroliers, la dénonciation par le candidat Al Gore de la non-politique américaine concernant le réchauffement climatique (une vérité qui dérange), voici venu le temps de se pencher sur le troisième volet du bushisme: la religion dans l'Etat et la remise en cause par le créationnisme de la théorie de l'évolution.

Suivant le parcours bien balisé par leur parents prosélytes de jeunes prépubères dans un camp religieux, le cinéaste nous permet d'entrevoir le fanatisme des évanagélistes, bien décidés à en découdre avec l'islam et peu soucieux de laisser une liberté spirtuelle à leurs chers bambins. Empruntant aux méthodes de training et de lavage de cerveau des pasteurs évangélistes, l'endoctrinement est mené de main de maître par une cathéchumène de choc. Séquence émotion : la présentation aux enfants de foetus en plastique destinés à les sensibiliser à l'horreur de l'avortement; on retrouve un peu plus tard les mêmes têtes blondes en train de défiler devant la Maison blanche avec un sparadrap sur la bouche où est inscrit le mot "life".

On reste pantois devant tant de hargne et de bêtise. Au fait, le prochain candidat républicain est de quelle religion ? Mormon ! ça promet...

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Samedi 5 mai 2007
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film chinois de Jia Zhang Ke avec Zhao Tao, Huang Yong

Les mondes engloutis

 

 

 

 Lion d'Or  au festival du film de Venise

 A Fiengzhe, un mineur revient dans le Seishuan pour retrouver sa femme et sa fille qu'il n'a plus vues depuis seize ans. Une femme cherche à rencontrer son mari qui l'a quittée pour lui annoncer qu'elle veut divorcer...

Jia Zhang Ke est sans doute un des cinéastes les plus brillants de sa génération, une sorte d'Aki Kaurismaki chinois, qui s'intéresse plus particulièrement aux opprimés, aux déclassés de la modernité. Déjà, dans The world, il mettait en scène les aberrations sociales et culturelles d'un parc à thème. Ici, c'est le barrage des Trois gorges qui sert de decorum à l'engloutissement programmé d'une ville et de ses habitants. Projet titanesque décidé par le grand timonier Mao, le barrage conduit à exproprier un à un les habitants, à précariser l'ensemble de la population pour l'enrichissement de quelques-uns.

Les trouvailles visuelle foisonnent dans ce film tourné en DV: un monument décolle, une tour s'effondre au lointain, le monde est en train de changer. Les protagonistes essaient maladroitement de rattraper leur vie comme ils le peuvent. En filigrane, on peut lire la condition de la femme, hier vendue, aujourd'hui exploitée. Les sentiments ne sont pas tendres et chacun essaie de survivre dans ce chaos en marche. Ce chef-d'oeuvre de retenue et de pudeur s'achève par une image sublimissime.

A ne rater sous aucun prétexte.

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Vendredi 4 mai 2007
@ (@ pour les fans)

film américain de Sam Raimi avec Tobey Maguire et Kirsten Dunst

Le destin de l'araignée

Troisième opus de la série, le nouveau film de Sam Raimi, qui aime aller jusqu'au bout des séquels (Evil dead 1, 2 puis de sinistre mémoire 3) était attendu par les fans de la série.

Si les trucages ont encore gagné en consistance (combats aériens de pure voltige), le scénario continue à explorer les tourments de la post-adolescence. Cette fois, Peter Parker est confronté à son double maléfique Venom et tout se dégrade dans sa relation avec Mary-Jane, qui de toute façon n'est pas allée plus loin que le platonique baiser (inversé) de l'araignée.  Pas étonnant qu'elle cherche à se recaser avec ce richard de Harry, fils du frelon vert qui s'est éteint dans les bras de Spiderman. Le fiston en question, un temps rendu amnésique par un accident fâcheux, retrouve vite la mémoire et cherche de nouveau des noises à Spidey avec sa planche à roulettes de l'espace.

Vous l'aurez compris, sauf à virer dans l'adulescence la plus totale, le scénario reste tout de même assez basique (il ne faut quand même pas effrayer le spectateur avec des troubles existentiels trop métaphysiques). Les nouveaux personnages sont efficaces mais peu intéressants. Reste le duo de nos amoureux contrariés dont les double mentons naissants laissent entrevoir leurs âges réels respectifs.

Il serait peut-être temps de tomber le déguisement.

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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