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V. Herpe, intervenant cinéaste
L. Le Bail, étudiante vidéaste
E. Roudmanovitch, enseignante
H. Le Bail, cinéphage
D. Déjardin, enseignant

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Dimanche 30 septembre 2007
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film français de Jan Kounen avec Jean Dujardin et Vahina Giocchante

Brut de pub

99F.jpgUn créatif d'agence traverse une crise professionnelle et personnelle. La nouvelle campagne d'une marque de yaourt lui donne l'occasion de régler ses comptes avec le monde de la pub.

Jan Kounen s'est visiblement beaucoup investi dans ce projet après l'échec commercial de Blueberry. En prenant quelques libertés avec le roman, il permet au film des digressions assez savoureuses. Utilisant les procédés visuels de la pub (beau travail du dessinateur Beb Deum), jouant des codes propres au genre, il s'autorise même quelques citations ambitieuses (Brazil, 2001, l'odyssée de l'espace) et n'hésite pas à proposer deux fins (malheureusement pas plus convaincantes l'une que l'autre).

Reste la question des acteurs et là, il faut admettre que si Vahina Giocchante est tout simplement lumineuse, les mimiques qui tiennent lieu de jeu à Loulou commencent à fatiguer au bout du compte. "Manque de direction" peut-être, c'est là l'écueil du film qui à trop vouloir en faire, finit peut-être par rater sa cible (un comble pour un film sur la pub).
Nous vous conseillons néanmoins de ne pas partir avant la fin du générique, vous pourrez voir en sus le premier film publicitaire de l'histoire.

par Le Bail publié dans : cinecritic
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Dimanche 16 septembre 2007
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film français de Nicolas Klotz avec Mathieu Amalric et Michael Lonsdale

Nazis dans le boulot

Dans la filiale d'un groupe chimiquier allemand, un psychologue d'entreprise responsable d'un plan social est chargé d'enquêter par le directeur adjoint sur le directeur général, ce dernier semblant souffrir de troubles psychiques.

Voici sans doute le film le plus prétentiard de la rentrée avec son lot de plans lourdement symboliques (la fumée d'usine ne vous rappelle pas quelque chose ?) et autres révélations légèrement surranées sur le passé nazi peu reluisant des entreprises allemandes (heureusement qu'on nous l'apprend maintenant...). 
Les situations sont d'une lourdeur désespérante, le film n'en finit pas d'avancer alors même qu'il a épuisé toute trame narrative dès la première demie-heure. On aura donc le droit à des plans séquences sur Amalric en train de lire le mode d'emploi d'un bus gazogène, des allusions aux orchestres utilisés dans les camps, bref plein de bonnes intentions dont l'enfer est pavé et qui n'ajoutent rien à la compréhension de la Shoah. Par ailleurs, il est tout de même difficile de comparer, même si la situation est tragique, la perte d'emploi des salariés de l'usine avec la solution finale.
Si l'ouvrage (La question humaine) avait encore quelqu'actualité en 2000, ce n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui et d'autres scénaristes ont fait leur beurre du sujet depuis (cf. Les rivières pourpres).
A éviter absolument






par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Mardi 11 septembre 2007
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film israélien de Edgar Keret et Shira Geffen avec Sarah Adler, Noa Raban, Gera Sandler

Des vies pas échouées

A Tel-Aviv trois femmes se débattent avec le quotidien. L'une s'est cassé la jambe le jour de son mariage, l'autre recueille une petite fille perdue sur la plage. La dernière, philippine, est engagée pour des petits boulots.

Le nouveau cinéma israélien nous produit ces derniers temps des films assez remarquables (Mon trésor, Une jeunesse comme aucune autre, Va, vis et deviens...) à la fois originaux et sensibles. Même si le procédé des histoires multiples est un peu éculé, les deux réalisateurs nous font vibrer à l'unisson de leurs héroïnes et des personnages secondaires qui s'y rattachent. Le thème de la relation mère-fille (ou mère-fils) est présent dans les trois histoires et semble servir de fil rouge (de bouée rouge en l'occurence) dans le canevas des différentes intrigues. L'histoire du couple enfermé dans un hôtel minable passe d'un registre à l'autre avec une légèreté bienvenue, les personnages ne s'enferment pas dans leurs stéréotypes (la chieuse s'avère être une poétesse qui s'ignore) et basculent parfois dans l'onirisme (on pense parfois aux premiers films de Jean-Claude Brisseau) ou le fantastique (qui est cette petite fille?). Ces femmes cherchent un chemin singulier pour construire ou reconstruire leur vie. On a envie de les suivre. Après la naissance des pieuvres, la vie des méduses, donc...

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Dimanche 2 septembre 2007
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film américain  de Robert Rodriguez avec Rose Mac Gowan, Freddy Rodriguez et Bruce Willis

Pas nette terreur

A la suite de la dispersion d'un produit chimique destiné à la guerre bactériologique, une petite ville est envahie de zombies défigurés par un virus mutant. Une go-go danseuse, son ex-petit ami et quelques autres égarés vont essayer de survivre...

Deuxième opus attendu du projet Grindhouse fomenté par les deux acolytes de la néo-série B Quentin Tarantino et Robert Rodriguez, le film du mexicain déçoit de prime abord, car on assiste en fait à un assez pâle remake des films de George Romero ou Mario Bava avec fausse rayure sur la copie, projecteur qui saute, image floue et pellicule qui brûle pour faire plus vrai (gadgets numériques déjà utilisés avec Boulevard de la mort). Dans le genre, Shaun of the dead a fait beaucoup mieux en réutilisant les procédés des films de genre mais avec la distance comique en plus.

Il y a bien quelques trouvailles judicieuses, comme la jambe mitrailleuse, ou encore les gags récurrents sur l'utilisation de la sauce barbecue pour les effets spéciaux. Il aurait sans doute été intéressant de voir le(s) film(s) dans les conditions qu'avaient imaginé le duo : sous forme de double séance, avec Boulevard de la mort au même programme. Encore aurait-il fallu que les deux réalisateurs réduisent le format de leurs films respectifs. Celui qui nous occupe s'autorise en effet quelques scènes inutiles (comme celle assez ridicule avec Tarantino) et ne croit pas suffisamment à son scénario pour en tirer autre chose que des clichés récurrents. Dommage car l'idée de revisiter le cinéma "trash" était séduisante (cf. les soirées du jeudi soir sur Arte qui cartonnent)... Le meilleur moment du film reste finalement la fausse bande annonce de série Z...

 

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Vendredi 31 août 2007
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ô troubles !

Pour faire face à l'ennui estivale de sa petite ville de banlieue, Marie, 15 ans décide d'investir la piscine municipale. Là, elle se lie d'amitié avec Floriane, la capitaine de l'équipe de natation synchronisée, qui souffre d'une réputation de "fille facile". Marie délaisse alors peu à peu Anne, sa meilleure amie, fascinée par la beauté et la grâce de la jeune fille, qui lui ouvre les portes de l'interdit.

Dans ce film, Céline Sciamma se penche sur la difficile question de la première fois et de la quète de l'identité sexuelle. C'est auprès de Floriane que Marie découvre des sensations et des sentiments qu'elle se croyait jusqu'alors incapable d'éprouver. Entre les deux ados se lie une complicité complexe animée par un jeu de domination et par une fascination éperdue.

Ce film, qui rappelle de loin "Et toi t'es sur qui?" évite pourtant les pièges dans lesquelles était tombé Lola Doillon. En effet alors que cette dernière nous offrait des personnages un peu trop stéréotypés et un scénario galvaudé, Céline Sciamma nous fait aller de surprise en surprise. Ainsi Floriane se révèle être la plus perdue et la plus fragile des trois tandis qu'Anne, l'ado boulotte et mal dans sa peau, se montre la plus mature. Marie, quant à elle, reste imprévisible du début jusqu'à la fin.

En bref cette nouvelle réalisatrice, tout droit sortie de la FEMIS réussit ici un film à la fois profond et léger, grâce, notamment, à trois jeunes actrces prometteuses.

par Lubna Le Bail publié dans : cinecritic
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Vendredi 31 août 2007
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film de et avec Julie Delpy

French esquisse

Avant de repartir définitivement pour New York, Marion et jack, un couple de trentenaire franco-américain, font le détour par paris. C'est l'occasion pour Marion de présenter Jack à sa famille et de revoir ses vieilles connaissances.

Ce film rappelle de très près le "Annie Hall" de Woody Allen tant dans sa narration que dans son humour caustique, mais malheuresement Julie Delpy ne parvient pas à égaler le maître. Alors, bien sûr, comme il s'agit de faire rire, Delpy n'hésite pas à appuyer sur les travers de chacun, Français comme Américains...Mais le problème est qu'elle s'en tient aux stéréotypes de base et que son film finit par ressembler à une bonne blague belge. En résumé: les Français sont sales, ils sont tous obsédés par le sexe (la faute à 68); les Américains, quant à eux sont des maniaques de la propreté, ils sont coincés et incapables de s'intégrer etc. Bref le tout manque un peu de finesse, tout comme les messages sur l'intolérance, le racisme et la pédophilie que souhaite faire passer Delpy, tous plus ridicules les uns que les autres.

Malgré de bonnes scènes et des dialogues très travaillés, le film ne laisse qu'un souvenir mitigé. La redondance des scketches et un happy end un peu trop mièvre finit de gâcher cette comédie convenue.

par Lubna Le Bail publié dans : cinecritic
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Jeudi 26 juillet 2007
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film australien de Paul Goldman avec Emily Barclay

Prête à tous

Une jeune fille mère hébergée par son père ne supporte plus les remarques de celui-ci et décide de le faire supprimer.

Sur cet argument archi basique, le cinéastre australien nous livre une pâle resucée du film de Gus Van Sant Prête à tout en utilisant (c'est un comble) les mêmes procédés narratifs : fausses interviews des protagonistes, témoignages croisés, etc. L'actrice principale a beau faire le maximum pour exister à l'écran, son jeu plutôt convaincant ne peu faire oublier un scénario aux rebondissements un poil prévisibles. Reste un montage assez dynamique et une bande son tonitruante. On n'est pas obligé d'y courir...

 

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Samedi 14 juillet 2007
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film israélien d' Eytan Fox

Tel à vivre

Un soldat israélien rencontre un jeune palestinien à un barrage au moment où il assiste impuissant à la fauche couche d'une palestinienne. Une fois démobilisé, ils se croisent à nouveau et tombent amoureux.

Le film d'Eytan Fox entend explorer sur le mode choral une forme de mauvaise conscience de la jeunesse engagée et relativement aisée de Tel-Aviv. En prenant comme personnages principaux un couple homosexuel et comme personnages secondaires leurs amis homos ou hétéros, il reconstitue une petite communauté fraternelle digne d'un sitcom (le film est d'ailleurs inspiré de la série Florentine à laquelle Fox a collaboré), avec ses bonheurs et ses malheurs, ses indignations et ses révoltes. Le propos politique est ici double puisqu'il s'agit à la fois de l'intégration des palestiniens et de celle des homosexuels dans la société israélienne.

Mais justement, à trop vouloir empiler les situations et à force d'enchaîner les moments de quasi comédie avec les rebondissements (mélo) dramatiques, le cinéaste de Tu marcheras sur l'eau se prend un peu les pieds dans le tapis. Les propos sur le couple homosexuel sont certes d'une naïveté touchante mais coïncident assez mal avec la dureté palpable du contexte politique. Le jeu de mots autour duquel tourne le film ("s'éclater" au sens propre comme au sens figuré) devient un artefact un peu vain. Certaines situations sont en revanche bien posées, même si elles frisent parfois la caricature, notamment pour ce qui touche à la famille palestinienne.

 

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Mercredi 11 juillet 2007
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rockumentaire anglo-irlandais de Julian Temple avec Joe Strummer, Mick Jones, Topper Headon, Steve Buscemi, Johnny Depp...

Strummer of love

Plongée électrisante dans les années de la punkitude, le film de Julian Temple (Absolute beginners) revisite le mythe du clash city rocker disparu en 2002 au moment même où sa carrière musicale redémarrait. Tout l'intérêt du film - qui tombe parfois dans le piège du panégyrique - est de montrer comment les Clash ont su et voulu se hisser au sommet à une époque où bon nombre de petits groupes naissaient et disparaissaient. Fils de diplomate, le petit Joe - qui s'appelait John à l'époque - a visité le vaste monde et s'est impregné de toutes les ambiances musicales. Pétri de contradictions, Joe abhorre les USA mais connaît tout le répertoire de Woody Guthrie, se veut punk radical alors qu'il a longtemps fréquenté le milieu hippie. Rompant avec ses anciens amis au moment de la formation des Clash, il est prêt à tout sacrifier, son temps, sa santé et même ses musiciens, qu'il n'hésitera pas à virer les uns après les autres. Mais l'histoire est cruelle. En voulant devenir n°1 aux USA, Joe réalise qu'il est en train de devenir une popstar à l'ego hypertrophié comme les autres, bien loin des valeurs de respect et de tolérance qu'il prône dans ses chansons et qu'il continuait de défendre une fois le show terminé.

Le groupe ayant "clashé", Joe est projeté dans l'anonymat le plus total et doit se reconstruire une nouvelle vie. Il élève tant bien que mal ses enfants, traîne dans les bars, organise des feux de camps avec ses amis, puis reprend goût à la musique. Quelques semaines avant sa mort, il remonte sur scène avec Mick Jones pour un concert de charité. Le punk n'est pas mort. Ce film montre l'énorme influence musicale d'un mouvement sur toute une génération d'artistes.

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Vendredi 6 juillet 2007
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film d'animation français de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

Dessin (i)ranimé

On a suivi avec bonheur les aventures de Marjane parues en feuilleton dans Libé il y a quelques étés. Mais le noir et blanc et le dessin épuré de la dessinatrice autobiographe sont ils transposables sur grand écran? La réponse est plutôt oui.

On retrouve dans la première partie (l'enfance et l'adolescence de Marji, enfant aimée de ses parents et dotée d'une grand-mère humaniste) le style très particulier de la dessinatrice. La suite est parfois moins convaincante car la simplification de l'intrigue et la centration sur les rapports entre l'auteur et sa grand-mère obère les personnages secondaires, pourtant savoureux dans la BD (la bande de copains anarchistes bourgeois), notamment dans la période autrichienne. Peut-être est-il tout simplement difficile de résumer les trois volumes en un seul film.

Reste que la qualité du graphisme est soutenue (surtout pour un film à moyen budget) et que l'histoire n'a rien perdu de son universalité. Egarée entre deux mondes (l'orient et l'occident), Marjane n'a d'autre choix que de s'exiler en permanence, éternelle étrangère aux autres, mais toujours en prise avec ses émotions.

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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