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V. Herpe, intervenant cinéaste
L. Le Bail, étudiante vidéaste
E. Roudmanovitch, enseignante
H. Le Bail, cinéphage
D. Déjardin, enseignant

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Samedi 24 novembre 2007
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film irlandais de John Carney

Il était une fois...la musique

Once.jpgUn musicien des rues rencontre une jeune immigrée, également chanteuse et musicienne. Elle accepte de collaborer pour l'aider à enregistrer son premier album.

Une tentative sympathique qui ne va pas révolutionner le film musical mais assez documentée sur le milieu (l'écoute du disque sur l'autoradio) et plutôt bien jouée (dans les deux sens du terme). La situation des protagonistes fonctionne en arrière-plan mais éclaire les chansons, notamment dans la belle scène où la chanteuse écoute les paroles qu'elle a composée en marchant dans les rues.
Le montage a tendance à privilégier la musique (une chanson toutes les dix minutes) et l'intrigue en souffre parfois mais au final l'émotion est au rendez-vous, notamment dans la scène finale, brillamment filmée.


Le détail cinéphage / Les deux acteurs sont musiciens professionnels. Si cela vous tente, la BO du film est sortie en CD.

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Accueil et présentation
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Samedi 17 novembre 2007
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film germano-turc de Fatih Akin avec Nurgül Yesilçav et Hanna Schygulla

Entrelacs

de-l-autre-cote.jpgUne prostituée accepte de partager la vie d'un homme âgé et alcoolique, d'origine turc comme elle. Un jour, il la frappe mortellement. Son fils, professeur d'université, décide de partir en Turquie pour retrouver la fille de cette femme.

Six personnages appartenant à deux générations et deux pays. Tel est le défi entrepris par le film du réalisateur de Crossing the bridge et Head-on, qui entremêle les destinées avec force retours en arrière et doubles scènes (comme chez Gus Van Sant). 
Si le procédé est un peu usé (les personnages se croisent sans se (re)connaître), il se dégage néanmoins du film une belle atmosphère. Hanna Schygulla est tout à fait remarquable dans le rôle de la mère d'une jeune fille à la recherche d'elle-même.
Le contexte politique, discrètement évoqué (mais on sent bien le poids d'une démocratie qui se cherche à travers les images d'archives et de manifestations) pèse ici moins que les trajectoires migratoires inabouties et les incompréhensions entre générations. Un film à voir.

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Accueil et présentation
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Mercredi 7 novembre 2007
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film anglo-canadien de David Cronenberg avec Viggo Mortensen, Naomi Watts, Vincent Cassel et Jerzy Skolimowski

La violence sur la peau

eastern-promises-1.jpgUne jeune fille de 14 ans meurt en accouchant d'une petite fille. La sage-femme récupère son journal intime pour découvrir son identité.

Deuxième volet consacré à la violence de l'existence (après History of violence), les promesses de l'ombre se présente davantage comme un film de genre que le précédent. Ce qu'il gagne en efficacité et parfois en humour noir, il le perd sans doute en profondeur, avec le risque évident de sombrer parfois dans le cliché des méchants et si pittoresques mafieux russes. Pourtant Cronenberg parvient à dépasser l'obstacle en s'appuyant notamment sur une interprétation hors pair (intense Viggo Mortensen, lumineuse Naomi Watts, troubant Vincent Cassel) et des faux rythmes savamment dosés dans l'intrigue.

La mise en parallèle du journal intime et du tatouage à partir desquels on peut lire la vie (écriture sur la peau parchemin) est intéressante même si elle apparaît un peu comme un artefact. Elle rejoint les thèmes de prédilection du réalisateur d'Existenz, du Festin nu et de Crash : transformation de la chair, violence du monde, répétition du destin... Pour autant, le fim n'atteint pas la densité des opus précédents. 

Mention spéciale tout de même à la scène du hammam qui risque fort de devenir culte.
par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Accueil et présentation
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Mardi 6 novembre 2007
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film américain de Gus Van Sant
A l'ouest

Un adolescent passionné de skate tue par mégarde un agent de sécurité au cours d'une soirée. 

Désolé de livrer dans le résumé le coupable mais comme de toute façon on l'apprend au bout d'une demie-heure....Le reste du film se partage entre remémorations en flash-backs et scènes de la vie quotidienne d'un ado moyen. Notre héros semble légèrement coupé de la réalité et l'on peut se demander s'il est vraiment conscient de ce qui l'entoure. Son entourage se résume à quelques silhouettes évasives si l'on excepte sa girlfriend archétypale. De longs travellings esthétisants sont censés nous faire partager la passion de la glisse, hélas sans résultat probant.
On ressort forcément déçu et agacé par ce qui aurait dû se limiter à un court métrage.

par Lubna Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Accueil et présentation
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Samedi 3 novembre 2007

oscaretjulie.jpgLe magazine Sciences et Avenir se propose de répondre pour ses soixante ans à soixante grandes questions (le réchauffement climatique, la vie extraterrestre) qui nous taraudent. Au passage, il nous livre sa videothèque de science-fiction idéale avec une liste des 25 meilleurs films de tous les temps. Nous ne résistons pas à vous la livrer d'autant que notre film préféré de l'an dernier (Les fils de l'homme) y figure en bonne place. Notre regret : un seul film français (Farenheit 451), signe de la faiblesse de la production nationale dans ce domaine mais Alphaville et Eternal sunshine of the spotless mind ne figurent pas dans la liste... et tout de même un oubli de taille : Orange mécanique.

Métropolis de Fritz Lang, 1927
La Guerre des Mondes de Byron haskin, 1953
Farenheit 451 de François Truffaut, 1966
Le voyage fantastique de Richard Fleisher, 1966
La planète des singes de Franklin Shaffner, 1968
2001, L'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, 1968
Soleil vert de Richard fleisher, 1973
Mondwest de Michael Crichton, 1973
La guerre des étoiles de Georges Lucas, 1977
Rencontres du troisième type de Steven Spielberg, 1977
Ces garçons qui venaient du Brésil de Franklin Shaffner, 1978
Superman de Richard Donner, 1978
Alien de Ridley Scott, 1979
Blade Runner de Ridley Scott, 1982
Tron de Steven Lisberger, 1982
Terminator de James Cameron, 1984
Brazil de Terry Gilliam, 1985
La mouche de david Cronenberg, 1986
Predator de John Mac Tiernan, 1987
Abyss de James Cameron, 1989
Jurassik Park de Steven Spielberg, 1993
Mars attacks de Tim Burton, 1996
Bienvenue à Gattaca d'Andrew Niccol, 1997
Existenz de David Cronenberg, 1999
Les fils de l'homme d'Alfonso Cuaron, 2006

On peut également consulter le site http://uk.rottentomatoes.com pour accéder au classement du top 100 selon nos confrères britanniques
par Le Bail publié dans : cinéma communauté : Accueil et présentation
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Jeudi 1 novembre 2007
Ressortie en version 3 D du chef d'oeuvre de Tim Burton et Henry Selick (que l'on a un peu tendance à oublier dans l'histoire alors qu'il a largement contribué à la dimension artistique du film). Etait-ce bien nécessaire ? Ce film a déjà ses afficionados, il a bercé toute une génération de Burtonophiles. Tim Burton a beau déclarer qu'il s'agit d'une véritable prouesse technique, que ça donne une nouvelle force au film, on peut y voir surtout une opération markéting au moment où Disney n'a pas de film d'animation à sortir. Pour mémoire, rappelons que l'étrange noël avait largement pâti à l'époque de sa sortie de la concurrence d'un certain... Roi Lion. 

Et puis, Jack Skellington n'est tout de même pas aussi effrayant en relief que l'étrange créature du lac noir...
par Le Bail publié dans : cinéma
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Samedi 27 octobre 2007
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film coréen de Lee Chang Dong avec Jeon Do-Yeon

La mélodie du malheur

secret-sunshine.jpgAprès la mort de son mari, une jeune femme de Séoul part avec son petit garçon s'installer en province, dans la ville natale de son mari, pour reconstruire sa vie. Mais de nouveaux malheurs l'attendent la-bas...

Prix d'interprétation à Cannes, Jeon Do-Yeon donne une intensité dramatique exceptionnelle au rôle, passant sans transition d'un registre à l'autre et incarnant à merveille son personnage de femme blessée.
Le réalisateur explore avec une égale réussite les différentes phases qu'elle traverse. Partie centrale du film, la crise religieuse n'est pas sans évoquer Breaking the waves, sauf qu'ici, l'illumination retombe vite pour laisser place à la désillusion la plus totale. En contre point, le personnage lunaire du garagiste amoureux apporte une touche parfois comique d'humanité à un film qui n'en manque par ailleurs pas. On pourra interpréter la dernière scène comme une renaissance par le bas. Une réussite en tout cas...

par Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Accueil et présentation
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Samedi 27 octobre 2007
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de Paul Greengrass avec Matt Damon, Julia Stiles et Albert Finney
Bourne to be wild

Toujours en quête de son ancienne identité, Jason Bourne est à nouveau recherché par la NSA qui cherche à l'éliminer pour cacher l'existence d'un programme secret. 

Troisième (et dernier ?) volet de la saga, The Bourne ultimatum remplit correctement le cahier des charges : scènes d'action filmées floues et survoltées, musique tonitruante, poursuites en moto, en voiture, sauts sur les toits, cascades, gadgets électroniques, rien ne manque à l'appel. Alors juste un film d'espionnage de plus ? Pas tout à fait, car comme dans les opus précédents, Matt Damon parvient à insuffler un supplément d'âme qui rend son personnage attachant à défaut d'être crédible - notamment lorsqu'il s'agit de sortir d'une voiture totalement crashée en boitillant légèrement. Sans parvenir à la densité et à la profondeur des romans de John Le carré, l'intrigue est relativement bien menée.

Il ne faut cependant pas s'attendre à des révélations ébouriffantes, le film ne cherche d'ailleurs pas à délivrer de message si ce n'est l'hypersurveillance dans laquelle s'enfonce notre société. De ce point de vue-là, il est totalement crédible.
par Le Bail publié dans : cinecritic
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Dimanche 21 octobre 2007
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film britannique de Shane Meadows avec Thomas Turgoose
Recherche père désespérément

England.jpgAngleterre, 1983. Après la mort de son père à la guerre des Malouines, Shawn, 12 ans et sa mère s'installent dans une petite ville ouvrière, laminée par le chômage. Là, il rencontre un groupe de jeunes "skins" qui le recueillent au sein de leur bande. Shawn découvre le mouvement skinhead, sa musique, ses vêtements, ses coutumes jusqu'à ce qu'un ex-taulard tente de rallier la petite bande à la cause du National Front...

Le film dresse un portrait très juste de la jeunesse des années Thatcher et de la scission entre "apolitiques" et "patriotes". Pour les copains de Shawn, le mouvement skin correspond davantage à un style vestimentaire qu'à une posture idéologique. Le réalisateur parvient à dépeindre avec justesse le malaise du jeune garçon, à la recherche désespérée d'un père de substitution. 
La mise en scène, appuyée par de simages d'archive, reste sobre, même si la B.O. se révèle assez décevante documentairement parlant.  A noter également la performance de l'acteur Thomas Turgoose qui joue Shawn, un talent prometteur à suivre.
par Lubna Le Bail publié dans : cinecritic
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Jeudi 11 octobre 2007
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de Wang Quanan
 
Famille recomposée
 
le-mariage-de-tuya-257096.jpgDépaysement garanti avec ce très beau film qui se déroule principalement dans les steppes de Mongolie.
Dés les premiers plans on plonge littéralement dans un monde où la nature est un des personnages de cette histoire et quelle nature, c’est réellement beau à couper le souffle et filmé à « un rythme de dromadaire », je veux dire que cela en rappelle la nonchalance, la grâce et presque la sérénité (une sorte de force tranquille !).
 
Cette nature qui en impose, qui est même souvent hostile mais qui peut finalement récompenser l’homme lorsque celui-ci la sollicite avec obstination pour se procurer de l’eau, du bois, de l’herbe, de la terre voir du pétrole…Les autres personnages, humains cette fois, sont eux aussi peu bavards mais ont un potentiel d’adaptation hors du commun, en particulier l’héroïne autour de laquelle gravite un certain nombre d’hommes dont son mari actuel et tous ceux qui prétendent à le remplacer.
 
Tuya donc est à la recherche d’un nouveau mari pour pallier au handicap du père (blessé et en partie paralysé lors du creusement d’un puits) de ses deux jeunes enfants (scène mémorable entre le fils et la mère où il est question de traitrise...). Ce couple très ancré dans le réel (mais comment faire autrement ?) exige du prochain mari qu’il cohabite avec le précédent au sein de cette nouvelle famille élargie. Paradoxalement les prétendants se bousculent et le mot est faible. Pour autant on est à cent mille lieux du théâtre de boulevard.
Quelle subtilité, quelle finesse et quelle force de caractère caractérisent tous ces personnages.
 
Certes comme souvent les hommes ont leurs moments de faiblesse (ça picole sec dans les steppes du nord et après il arrive que l’on fasse des bêtises…mais on le regrette bien vite et c’est finalement le plus important, on peut passer à autre chose et continuer dignement le combat) mais il n’est pas question de laisser qui que se soit sur le bord de la route.
 
Dignité, solidarité dans l’adversité, générosité, tolérance sont ici présents en permanence et on est très heureux d’avoir été, ne serait-ce que le temps d’un film magnifique, le témoin de mariage(s) de la belle Tuya.
par Vincent Herpe publié dans : cinecritic communauté : Accueil et présentation
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