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V. Herpe, intervenant cinéaste
L. Le Bail, étudiante vidéaste
E. Roudmanovitch, enseignante
H. Le Bail, cinéphage
D. Déjardin, enseignant

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Dimanche 27 janvier 2008
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film américain de Sean Penn avec Emile Hirsch, Catherine keener, William Hurt

Liberté de mouvement 

A peine diplômé, Chris décide de rompre les amarres et de partir sur la route. Au cours des différentes rencontres qui parsèment le voyage, il aura l'occasion de revenir sur certains éléments pénibles de sa vie.

L'adaptation par Sean Penn du roman de Jon Krakauer est une parfaite réussite. Filmant la quête spirituelle de son héros dans des paysages d'une sauvagerie grandiose, il guette au plus près des personnages les inflexions et les humeurs comme autant d'éclaircies ou d'orages. Ne parvenant jamais à prendre racine, à se lier, en quête perpétuelle de lui-même, le personnage joué par Emile Hirsh est bouleversant d'intensité juvénile. Si le film ne s'embarasse à aucun moment de psychologie, on parvient grâce au commentaire off de la soeur à saisir les fêlures qui provoquent le désir de fuite permanente. Mais Sean Penn prend soin de donner une dimension politique à ce choix de vie - en incluant notamment des images de Bush père commentant la guerre en Irak. Celui qui veut désormais se faire appeler Alexander Supertramp ne fuit pas uniquement sa famille mais tout un système fondé sur les études, le mérite, l'argent. Lorsque le héros, mourrant, imagine ses retoruvailles avec ses parents, la question qui le taraude est "verrions nous le même monde ?". La sauvagerie n'est pas forcément du côté que l'on croit. 

Le détail cinéphage / Ceux qui sont restés jusqu'à la fin du génrique ont pu remarquer que le fil est interdit aux moins de 17 ans aux Etats-Unis. Une façon de faire payer à Sean Penn ses engagements contre la guerre en Irak ?
par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Dimanche 27 janvier 2008
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film de Ken Loach

Exploités de tous pays...

Angie, mère célibataire, la trentaine, se fait licencier de sa boite de recrutement. Fatiguée par les années de galère et les jobs minables à répétition, elle décide de créer sa propre entreprise avec son amie Rose. Mais très vite le bussiness dégénère et Angie s'enfonce pas à pas dans l'illégalité, au dépend des travailleurs immigrés qu'elle engage. 

Si Ken loach s'emploie à denoncer les dérives de la mondialisation à travers l'exemple de l'exploitation des populations immigrés par les entreprises de batiments, le film est plombé par un ton démonstratif insistant. Le spectateur suit progressivement les étapes qui conduiront Angie à commetre l'irréparable, à la manière d'une fable, guidé par un réalisateur  moralisateur. Le scénario se révèle malheuresement prévisible et décevant par ses insistances. Ainsi, Angie, après avoir aider une famille irakienne à trouver un logis dans un camp de caravanes, finit, contrainte par un contrat, à les dénoncer à la police pour y loger ses propres employés. Ce genre de renversements factices, le caractère figé des personnages contribuent à rendre le film artificiel et l'associent à une leçon de morale infantilisante.
Le film n'est sauvé que par son propos et par les positions défendues par Ken loach à l'égard du gouvernement anglais. Ces dernières mettent au jour les conditions de vie misérables et précaires des clandestins, que personne ne veut voir ou entendre.

par Lubna Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Dimanche 27 janvier 2008
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film américain de Tim Burton avec Johnny Depp et Helena Bonham Carter

Rasoir ou barbant ?

Au XIXème siècle, un barbier sort de prison après y avoir passé à tort quinze années. Il décide de se venger de ce sort injuste avec l'aide d'une patissière amoureuse. S'en suivent une série de meutres macabres.

S'attaquant une nouvelle fois au registre de la comédie musicale (après L'étrange noël et Noces funèbres), Tim Burton ne peut compter cette fois sur le génie de Danny Elfman. La B.O. s'en ressent qui fait se succéder chansons sirupeuses et récitatifs plats. Les effets numériques ne sont guère plus convaincants. L'absence de suspense et de rebondissement achève de plomber l'entreprise qui, par ailleurs, a un sérieux air de déjà vu (Sleepy Hollow). Johnny Depp  fait se son mieux mais ne peut réussir à lui seul à sauver ce qui apparaît déjà comme l'un des mauvais films (après La planète des singes) de l'auteur de Mars attacks.
On ne peut pas réussir à chaque fois, Tim.

par Héloïse Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Samedi 19 janvier 2008
chaisecinecritic.JPGChers cinéphages

and the winner is : 
Les climats http://cinecritic.over-blog.com/article-5609832.html
Médaille d'argent : 
La vie des autres http://cinecritic.over-blog.com/article-5680241.html

Merci de vos votes nombreux. Et à l'année prochaine







Autres films cités :
- Naissance des pieuvres http://cinecritic.over-blog.com/article-7078665.html
- Still Life http://cinecritic.over-blog.com/article-6559356.html
- Les promesses de l'ombre http://cinecritic.over-blog.com/article-13634776.html
- Persépolis http://cinecritic.over-blog.com/article-6901238.html
- Exilé
- La môme http://cinecritic.over-blog.com/article-5696686.html
- This is England http://cinecritic.over-blog.com/article-13236662.html
- Les méduses http://cinecritic.over-blog.com/article-7109254.html
- Les chansons d'amour
- Paranoid Park http://cinecritic.over-blog.com/article-13598320.html
- American Gangster http://cinecritic.over-blog.com/article-14116032.html

Sans faire de publicité, vous pouvez voir nombre de ces films avec le pass proposé par le journal Télérama des 16 et 23 janvier.

PS : Je viens de croiser Vincent Cassel à Ménilmontant. Bonne année Vinz!
par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinéma communauté : Accueil et présentation
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Jeudi 27 décembre 2007
Au moment de tirer le bilan ciné de 2007, il apparaît comme une évidence que le bon vieux polar constitue à nouveau une valeur sûre. En effet, cette année, pas de déferlante SF, une pâle tentative western (L'assassinat...), quelques comédies (romantiques ou pas), peu de films musicaux (Once), et des séquelles de films d'horreur pas convaincantes (Saw IV, Planète terreur).

La vie des autres
est sans doute l'événement marquant car totalement inattendu en terme de succès commercial, dans la lignée de son prédécesseur dans ce domaine Goodbye Lenin. La preuve que le cinéma peut aussi fournir l'occasion de se pencher sur le passé proche, mais sans doute également un exercice difficile car le recul historique et les témoignages manquent. Le film n'en a que plus de mérite. 
Belle réussite également dans un registre assez proche (même s'il s'agit d'animation) de Persépolis.
Deux confirmations ; d'une part la montée en puissance du cinéma d'auteur d'ici et d'ailleurs avec des films époustouflants venus d'Asie (Still Life, secret sunshine, La forêt de Mogari) ou du Moyen orient (De l'autre côté, Les climats, Les méduses).

Reste que l'année a été largement dominée par la sortie de thrillers tels que American gangster, La nuit nous appartient, Zodiac ou les promesses de l'ombre, qui montrent les reflets troubles et troublants d'une société gangrénée de l'intérieur et en recherche de valeurs, même si l'intrigue de la plupart se situe dans les années 70-80. 

Au niveau des actrices, quelques découvertes comme Emily Barclay (Le feu sous la peau) ou Jeon Do-Yeon (Secret sunshine). Pour le cinéma français, on retiendra les performances de Virginie Ledoyen (un baiser s'il vous plaît) et d' Adèle Haenel (Naissance des pieuvres). Chez les hommes, on se souviendra du jeu intense de Viggo Mortensen dans Les promesses de l'ombre et l'on notera la présence récurrente de Louis Garrel (Les chansons d'amour, Dans Paris, Actrices...). 

Allez bonne année 2008 à tous les cinéphages, n'oubliez pas de voter pour vos deux films préférés (voir article ci-dessus)  

Quant à nous, vous l'aurez deviné, notre chouchou de l'année reste Les climats, qui nous a presque donné l'impression de redécouvrir le cinéma...
par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinéma communauté : Accueil et présentation
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Jeudi 27 décembre 2007
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film français de Valeria Bruni Tedeschi avec Valeria Bruni Tedeschi, Noémie Lvovsky, Louis Garrel, Mathieu Amalric et Marie Rivière

Valeria et ses fantômes

Une actrice sur la quarantaine se pose des questions sur ses choix de vie et son désir d'être mère.

Malgré le propos "déjà vu" de la vie dans le théâtre (en l'occurence la mise en scène chaotique et drôlatique d'Un moins à la campagne de Tourguéniev) et vice versa, VBT parvient à nous toucher par des moments de fragilité et de fantaisie. Le film s'inscrit dans la veine autobiographique déjà utilisée dans Il est plus facile pour un chameau. Néanmoins, malgré certains moments oniriques (la présence fantômatique du père et du frère disparus), il n'en possède pas la grâce un peu autiste. 
Au final, la bande annonce s'avère plus réussie que le film lui-même.


Le détail cinéphage / Marie Rivière que l'on entr'aperçoit est l'héroïne rohmérienne du Rayon vert.
par Esther Roudmanovitch publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Lundi 24 décembre 2007
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film français d' Abdellatif Kechiche avec Habib Boufares, Hafsia Herzi, Faridah Benkhetache et Abdelhamid Aktouche

Le cinéma parlant

la-graine-et-le-mulet-0-copie-3.jpgUn homme récemment licencié décide d'investir ses indemnités dans la transformation d'une épave en bateau-restaurant. Il fait appel à son ex-femme et à ses enfants mais également à sa belle fille pour l'aider dans son projet.

En grande partie autobiographique, le nouveau film du réalisateur de L'Esquive aborde à nouveau le thème sensible de l'intégration. Cette fois, il ne s'agit plus d'évoquer les tourments de la jeunesse d'une cité sensible (quoique), mais de dépeindre les difficultés de la première génération à l'horizon de la retraite et de la vieillesse.
Caméra à l'épaule, le film nous embarque dans un tourbillon de paroles et de sentiments plus ou moins maîtrisés, une grande liberté étant laissée aux acteurs, tous remarquables. 
Le cinéma qui est revendiqué ici n'est pas loin de celui des frères Dardenne. Les situations sont souvent à l'extrême, comme dans les deux scènes remarquables de désespoir des belles-filles, comme en miroir. C'est à la lisière de la famille que la difficulté de vivre parvient à s'exprimer, car souffrance il y a visiblement derrière la chaleur et les marques d'affection, et pas seulement du fait de l'intolérance - palpable - de la société d'accueil voire intracommunautaire. 
Comme dans l'esquive, ce sont les personnages féminins qui semblent porter le film et le réalisateur gagnerait sans doute à creuser la psychologie masculine, afin d'équilibrer les caractères et de donner aux personnages toutes leurs chances, notamment celui du frère aîné volage.
Si la fin semble se clore sur une note presque folklorique - la danse du ventre - le contrepoint tragique laisse à penser que l'intégration n'est pas pour demain, le symbole du couscous au poisson (la graine et le mulet) fonctionnant comme parfaite métaphore d'une acculturation rendue impossible.

Le détail cinéphage / Hafsia Herzi ne savait pas danser la danse du ventre mais a menti pour obtenir le rôle.
par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Vendredi 14 décembre 2007
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film français d' Emmanuel Mouret avec Virginie Ledoyen, Emmanuel Mouret, Julie Gayet et Frédérique Bel

Embrassades et embarras

unbaisersilvousplait.jpgUn homme rencontre par hasard une femme qui cherche un taxi à Nantes. Il lui propose de l'accompagner en voiture et finit par vouloir l'embrasser. Elle lui refuse le baiser mais lui raconte une histoire.

Ce film est à la fois un régal et un bijou. Comme dans les mille et une nuits, le baiser sans cesse remis est prétexte au contage et aux racontages. La mise en abîme initiale (deux personnes qui veulent s'embrasser racontent leurs histoires d'embrassades) s'avèrera au bout du compte autre chose qu'un prétexte. Entre temps nous aurons eu le droit au marivaudage savoureux et franchement comique des tourtereaux faussement empruntés mais sexuellement performants joués par Emmanuel Mouret et Virginie Ledoyen (en parfait contrepoint l'un de l'autre). Derrière le ton rohmérien distancié (le sein de Virginie ne vous rappelle pas le genou de Claire ?), on perçoit une vraie sensibilité chez le réalisateur et un goût des mots et des situations. Les autres acteurs sont au diapason (parfaite Frédérique Bel, plus connue dans "la minute blonde" sur Canal Plus)
Le final est aussi enlevé que le reste du film, qui pourrait bien être la meilleure surprise de l'année du cinéma français. A voir (et sans doute à revoir) de toute urgence. Un client sérieux pour les César...

Le détail cinéphage / Emmanuel Mouret est mathématicien. Il est passionné par les théories mathématiques et le film le démontre (l'effet papillon).


par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Samedi 8 décembre 2007
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film américain de James Gray avec Joachim Phoenix, Mark Wahlberg et Eva Mendes

Tu seras un flic mon fils

Deux frères s'opposent à New-York. L'un est gérant de boîte de nuit, l'autre est flic.

A partir d'une trame archi classique, James Gray essaie de transcender l'affrontement quasi biblique entre un frère attiré par le monde la nuit et l'autre pris dans une filiation et une tradition policière. Sur un thème très proche, Ridley Scott arrive à donner de la densité aux deux personnages (American Gangster). Ici, c'est clairement le rôle joué par Joachim Phoenix qui l'emporte mais sans que l'on parvienne pour autant à bien saisir ses motivations. Du coup, l'intrigue finit par basculer dans le prévisible - en l'occurence une histoire de vengeance familiale. 
Une scène émerge de l'ensemble, celle de la poursuite sous la pluie, véritable morceau de bravoure. Mais on retombe assez vite dans la banalité avec un final bâclé et peu convaincant.


Le détail cinéphage / Eva Mendes a failli refuser le film car son rôle n'était pas étoffé. James Gray l'a finalement convaincue mais elle a obtenu en échange de modifier le nom de son personnage et de s'appeler Amada, comme sa grand-mère.
par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Ciné DVD
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Lundi 26 novembre 2007
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film américain de Ridley Scott avec Denzel Washington et Russel Crowe

Cash cash


Dans le New York des années 70, le chauffeur d'un caïd décide de prendre sa place à sa mort en montant un trafic d'héroïne entre le Vietnam et les Etats Unis. Un flic incorruptible cherche à le prendre dans ses filets...

Ridley Scott s'est visiblement intéressé à ce sujet qui pourtant pouvait assez vite sombrer dans le cliché du film noir. S'appuyant sur une reconstitution minutieuse (cf. l'incroyable scène d'ouverture dans un magasin de hifi de l'époque ou encore le combat Mohammed Ali vs. Frazier), il tisse la toile d'un scénario extrêmement construit dans lequel aucune scène n'est gratuite. La densité du jeu des acteurs est impressionnante (particulièrement chez Denzel Washington) et la mise en scène se met volontairement en retrait pour laisser dialoguer les personnages. La mise en parallèle du flic et du voyou est assez éclairante sur les motivations cachées de l'un et de l'autre et la volonté sociale de s'en sortir coûte que coûte dans une société où les dés sont pipés. En filigrane, on comprend le rôle joué par la drogue dans la guerre du Vietnam et la corruption de l'armée.
Une oeuvre majeure dans la filmographie du réalisateur de Blade Runner, Gladiator et
Alien.

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic communauté : Accueil et présentation
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