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Mardi 22 août 2006
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de Michael Winterbottom avec Steve Coogan, Rob Brydon et... Gillian Anderson

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le...cinéma

Alors ça, c'est vraiment la surprise de l'été, un film totalement inattendu et peu médiatisé. Raison deplus pour le soutenir. On est comme ça à Cinecritic.

Bon l'intrigue est un peu compliquée. Au début on croit voir un film sur la vie invraisemblable de Tristam Shandy, classique de la littérature du 17è siècle. Et puis, tout à coup, le film s'arrête et on enchaîne sur le plateau où l'acteur principal joué par Steve Coogan doit faire face à ses contradictions. Père récent d'un charmant marmot, fiancé avec une femme non moins charmante, il se laisse visiblement aller à quelques aventures extraconjugales qui risquent de s'ébruiter dans la presse. Mais ce n'est pas tout, il doit affronter sur le tournage un partenaire jaloux (Rob Brydon) qui se verrait bien lui voler la vedette. Et voilà que pour des raisons techniques et financières, le scénario doit être partiellement modifié, ce qui fait que le rôle de Coogan s'étiole et celui de Brydon s'étoffe. Entre temps, la prod a décidé d'engager Gillian Anderson (X-Files) pour bankabiliser le film, mais ses scènes seront rognées au montage...

Voilà, on ne vous en dit pas plus, ce film est un régal, malheureusement un peu trop court (1h35)...

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Mardi 22 août 2006

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de Michel Gondry avec Gabriel Garcia Bernal, Alain Chabat, Charlotte Gainsbourg

Gondry in the sky (with diamonds)

Et revoici Michel Gondry, oui celui d'Eternal Sunshine, oui aussi celui des clips de Björk et même de son propre groupe, mais c'était il y a longtemps (Oui-Oui). On l'attendait un peu au tournant vu que cette fois pas de Charlie Kaufman pour scénariser ses délires de rhodoïde. Et finalement alors ?

Oubliez l'article assassin de Libération. La Science des Rêves est un pur bonheur, qui équilibre à merveille une intrigue - certes sentimentale mais convaincante - et des trouvailles que ne renierait pas le grand Méliès. C'est vrai qu'il y a un peu un côté "tombé de la Lune" chez ce doux rêveur de Stéphane qui finit par confondre dans un même délire névrotique rêve et réalité. Mais c'est surtout son enthousiasme qui le piège dans un monde où le banal l'emporte toujours sur le décalé. Et pour décalé, il l'est avec son bonnet aztèque, son multilinguisme mal maîtrisé et ses goûts esthétiques très particuliers (La catastrophologie).

On ne va pas résumer l'intrigue, qui est surtout un prétexte à une inventivité visuelle de tous les instants. Le meilleur compliment que l'on puisse faire, c'est l'envie de revoir le film dès la sortie du cinéma.

Mention particulère à Alain Chabat dans son personnage de beauf obsédé et pourtant totalement lucide.

 

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Lundi 24 juillet 2006

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de Lucas Belvaux avec Natacha Régnier, Lucas Belvaux, Gilbert Melki

Pesante ville

Cher Lucas,

Après ta décoiffante trilogie (Un couple épatant - cavale - Après la vie), on attendait de toi une brillante fable sur les sinistrés de la mondialisation et autres (intellos) précaires.

Mais voilà que tu nous ressers le bon vieux scénario social des années 70 - les pauvres se rebiffent - sans une touche d'originalité ni même une pointe de distanciation. Pire, tu sous-emploies gravement l'une des actrices préférées de cinecritic, je veux parler de la lumineuse et palpitante Natacha Régnier.

Alors évidemment tes héros ont sans doute de bonnes raisons de vouloir braquer leur ancienne usine. C'est ça ou le Picon-bière à perpette... Mais bon, tu sais, l'histoire du braquage foireux, c'est quand même un petit peu cliché. Tu veux qu'on te rafraîchisse la mémoire ? L'ultime razzia du cher stanley Kubrick, plus récemment Ma petite entreprise du toujours vivant Pierre Jolivet, sans parler des films de Ken Loach ou de Mike Leigh, pleins de personnages aussi attachants que socialement défavorisés. Et puis le plan du couple qui se sépare pour une histoire de scooter en panne, c'est pas vraiment crédible.

Donc Lucas, si tu veux être le Ken Loach belge, pourquoi pas, mais essaye au moins d'être un peu original. Les abîmés de la vie t'en seront reconnaissants.

Cinecritiquement tien,

Jean-Michel Le Bail

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Dimanche 23 juillet 2006

de Bryan Singer 

 

Tu seras un super homme mon fils...

Décidément que de super-héros sur nos écrans ! Après X-men, Bryan Singer s'essaie cette fois AU mythe absolu, Superman himself et puise (largement) dans l'iconographie de sa jeunesse, qu'elle soit dessinée ou filmée.

Premier bon point : Brandon Rough choisi pour remplacer Christopher Reeeve est totalement crédible et retrouve même des expressions de l'acteur décédé, notamment lorsqu'il est en Clark Kent. Deuxième bon point, Bryan nous épargne le résumé des épisodes précédents et ne fait que survoler (!) les années passées à Smallville.

Ceci étant posé, si Superman revient, ce n'est pas forcément en super forme. D'abord, le scénario est léthargique et les rares effets spéciaux présents dans le film nous interrogent sur l'utilisation du budget colossal. Kevin Spacey (Lex Luthor) aurait-il demandé un super-cachet ? Pourtant sa prestation n'a rien d'éblouissant, loin s'en faut et l'on en viendrait presque à regretter la sobriété d'un gene Hackman.

Pour l'essentiel, le film consiste à nous vendre une histoire de paternité contrariée. Superman est visiblement allé plus loin avec Loïs Lane qu'une simple partie de jambes en l'air au  dessus de New-York... Mais constatant que cette dernière lui préfère finalement un jeune gommeux qui détient des stock-options dans le daily Planet (c'est plus sûr que de la kryptonite par les temps qui courent), il se concentre avec toute l'énergie dont il est capable sur la transmission de super-pouvoirs à son fils putatif. Celui-ci le lui rend bien, qui sauve son père des griffes du méchant Lex qui envisageait de revoir sérieusement la carte de l'Amérique. 

Et pour Noël, qu'est ce que Clark pourrait bien offrir à Superman junior ? Une combinaison bien sûr...

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Mercredi 5 juillet 2006

film collectif avec Steve Buscemi, Nathalie Portman, Gaspard Ulliel...

Passionnément, à la folie...

Le principe: un réalisateur, un quartier de Paris et cinq minutes top chrono pour filmer une histoire d'amour...S'enchaînent donc fables sociales, mélodrames, comédies burlesques et autres récits filmés : pendant lesquels on rit, on s'emeut, on pleure un peu, mais surtout on découvre des univers nouveaux, et cela 18 fois en une heure et demi..

Ainsi Olivier Schmitz nous livre un court d'une extrème intensité en retraçant les dernières heures d'un SDF dans "Place des fêtes", poignant et touchant à la fois...Les frères Coen, quant à eux, nous font rire, avec les mésaventures d'un touriste texan lambda, victime d'un couple de jeunes français libérés. Steve Buscemi est formidable dans son role de paumé et on se réjouit du stéréotype français version guide touristique américain. Vincenzo Natali reste la surprise de ce film, en transformant un lieu sans forte identité( "le quartier de la madeleine") en un repaire de vampires :il apporte LA  touche fantastique à un ensemble un peu trop réaliste... Notons aussi "tour eiffel" de Sylvain Chomet, qui reprend le mime à la française et "14ème arrondissement" de Alexander Payne, qui peint avec humour le séjour d'une américaine à Paris.

Certains films restent tout de même un peu légers, tel "quartier des enfants rouges", dont le fil directeur demeure inexistant (une actrice débutante consomme du shit dans des fêtes branchés) ou "le Marais" de Gus van sant, qui ne livre qu'un portrait de Gaspard Ulliel en homosexuel parisien, à la fois mystérieux et sexy mais manquant sensiblement de naturel...

Selon cinecritic la palme de la vacuité revient à Gurinder Ghadha pour son "quai de seine", sketche caricatural sur la question du voile, qui s'égare dans des dialogues et des personnages trop stéréotypés...

par Lubna Le Bail publié dans : cinecritic
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Dimanche 18 juin 2006

Film d'animation de John Lasseter

Mille et une pannes

Chez John Lasseter, fondateur des studios d'animation Pixar rchetés à prix d'or par Disney, chaque film est l'occasion de confronter le technologie d'animation 3D à un monde différent. Alternant le vivant et l'inanimé, nous avons ainsi pu découvrir successivement le monde des insectes (1001 pattes), des jouets (Toy Story) ou des fonds sous-marins (Le monde de Nemo). Il était donc normal que ce fondu de course automobile (Nascar) s'attèle un jour à sa passion favorite.

Nous voici donc au pays des autos, un monde mécanique dont aucun humain ne vient perturber la marche avant. Les voitures sont des entités (tout ce que vous avez toujours voulu savoir sous le capot...) et rien d'autres, un peu comme les toons de Roger Rabbit.

L'intrigue somme toute assez basique reprend le même schéma que "la coccinelle" avec laquelle elle partage visiblement quelques expressions. Comme le scénario, le contenu moral du film est prévisible. Mac Queen est un bolide dont la carrière ascendante est suspendue au choix d'un sponsor crédible (le sien étant carrément ringard). Arrivé par erreur dans une petite ville oubliée que traverse la mythique route 66, il trouvera l'amitié, l'amour et un coach, à défaut d'un sponsor bref le bonheur selon Disney. Et surtout, il ne gagne pas la course à la fin, mais c'est encore mieux. Mais où est passée la causticité de John Lasseter ? Sans doute dans le générique de fin.

Ne manquez pas le film d'animation (L'homme orchestre) qui précède Cars. Un petit bijou de drôlerie, mais ça ne dure que 3 mn.

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Lundi 5 juin 2006

de Nanni Moretti avec Silvio Orlando

A plus tard crocodile

Un producteur de nanars qui ont eu leur gloire dans les années 70 décide de renoncer à un projet qui l'ennuie (la vie de Christophe Colomb) pour tourner un scénario inspiré de la vie de Silvio Berlusconi.

Malheureusement les obstacles s'accumulent dans sa vie personnelle comme dans sa vie professionnelle et l'on sent pointer à travers lui un certain désenchantement qui semble toucher toute l'Italie. La démocratie et les idéaux sont morts. Reste la télévision et une parodie de système politique où tous les moyens sont bons pour ne pas tomber sous le coup de la justice. Ca ne vous rappelle rien ?

Décidement, l'Italie broie du noir. Nous l'avions déjà ressenti dans Romanzo Criminale, mais chez Moretti, la critique du système disparaît parfois au profit de la chronique des malheurs du quotidien. Le cinéaste qui semble se méfier désormais du cinéma engagé s'égare à trop vouloir suivre les méandres de la vie sentimentale et familiale de son héros. Dommage, on s'attendait à une autre virulence de la part du réalisateur de Palombella Rossa.

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Samedi 27 mai 2006

de Michel Hazanavicus avec jean Dujardin, Bérénice Béjo.

Mon nom est Bath

A peine revenu du succès imprévu de Brice de Nice, notre french lover comique reprend du service sous les traits de Hubert Bonisseur de la Bath, espion des services français, d'une maladresse qui n'a d'égal que son inculture notoire.

Le pari risqué d'une reconstitution de l'atmosphère visuelle et sonore (la diction très datée de JD) des films des années 60 est totalement réussi bien que le choix assumé des focales "plates" tende à donner une dimension un peu télévisuelle à certaines scènes.

L'humour décalé, la critique du racisme ambiant, la bonne humeur générale qui se dégage des différents acteurs (mention spéciale à Bérénice Béjo) et le ton bon enfant contribuent à rendre l'objet sympathique même si parfois on aurait aimé un peu plus de folie au niveau des gags.

En tout cas, une bonne occasion de rire ou de sourire, pas si fréquente par les temps qui courent.

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Jeudi 25 mai 2006

de Pedro Almodovar avec Pénélope Cruz, Carmen Maura

Retour de manivelle

Nouvel opus de Pedro Almodovar qui reprend largement les thématiques de ces films récents (Parle avec elle, Tout sur ma mère). Est-ce à dire que le cinéaste de la Movida commencerait à tourner en rond - comme le suggère d'ailleurs l'étymologie du titre. Volver, c'est "revenir" et nous voici à nouveau confronté à la fascination du cinéaste pour la mort, sauf que cette fois, la morte (formidable Carmen Maura) semble plutôt bien vivante. Elle se cache dans les maisons, sous les lits, certes, mais elle pète la forme (dans tous les sens du terme) et semble bien vouloir reprendre sa place dans le gynécée familial.

Et c'est peut-être là que le bât blesse, car à force d'effacer compulsivement toutes les figures masculines de son film, d'accumuler les révélations invraisemblables, il finit par enfermer ses personnages sur eux-mêmes, sur leur souffrance, sans leur laisser la possibilité de sortir du giron.

Alors évidemment, tout se tient, car le film évoque tout autant le retour à la mère que la récurrence des traumatismes originels. Ainsi, la fille de Raimunda tue celui qu'elle croit encore être son père, comme la mère de Raimunda a tué son mari infidèle, qui lui-même a engrossé sa fille...Mais à trop en faire dans le scenario "novela", l'intrigue confine parfois le ridicule et l'interprétation tonique des actrices ne sauve pas tout.

Dans une interview diffusée sur Arte, le cinéaste de "Talons aiguilles" avouait être gagné de plus en plus par la tristesse et la mélancolie. C'est visible dans le film.

 

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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Samedi 13 mai 2006

film canadien de Jean-Marc Vallée avec Marc-André Grondin

En être ou pas

Le réalisateur canadien Jean-Marc Vallée nous livre pour son troisième long-métrage (à notre connaissance de cinecritic, les autres sont inédits en France). une réflexion sur l'identité et la différence au sein d'une famille traditionnelle. Le père Beaulieu est fier de ces garçons et entend bien leur donner à tous une éducation virile (pas de "fif" (de folle) chez nous). Malheureusement, Zac avant dernier de la lignée semble doté d'une sensibilité particulière et de dons de guérissage. En grandissant, il se rend compte que son attirance pour les garçons est irrépressible et qu'il devra affronter le désamour du père pour pouvoir s'accepter et échapper aux pièges du faux -moi.  Ce dernier ne renonce pourtant pas à remettre son fils dans le droit chemin.

Situé dans les années 70-80 le film baigne dans une atmosphère musicale pas forcément originale (on a droit aux tubes de Pink Floyd, de Bowie des Stones puis de Cure) et s'étire un peu en longueur. On aimerait en savoir davantage sur les autres frères réduits à l'état de stéréotypes(l'intello, le sportif, le joufflu) mais l'histoire se cristallise très vite autour du quadrilatère formé par le père, la mère, Zac et son frère aîné Raymond (interprété par Pierre-Luc Brillant, assez remarquable).

Au final, un film dont le traitement ne brille guère par son originalité mais dont la richesse du propos et de l'interprétation permet de transgresser les maladresses scénaristiques et les effets un peu appuyés (on ne vous dira pas comment finit le disque "collector" préféré du père, cassé puis retrouvé dix ans plus tard dans un bazar de Jérusalem...).

 

par Jean-Michel Le Bail publié dans : cinecritic
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